Le travail, un outil d’éveil

N’en déplaise à nos amis syndicalistes, en ce 1er mai j’écris un article consacré au travail… 🙂

Le travail, manuel ou intellectuel, occupe une grande partie de notre vie. Plutôt que de le vivre comme « une perte de temps », comme une activité qui nous détournerait de la pratique spirituelle, accordons-lui une importance capitale, dans la mesure où le travail nous offre la précieuse possibilité d’élargir « notre » conscience à tous les moments de la vie quotidienne.

Ce ne sont pas les activités en elles-mêmes qui sont spirituelles, mais notre manière de les percevoir et de les vivre. Si l’acte même de travailler me donne à voir d’une autre manière les mécanismes du physique, du vital et du mental, c’est pour mieux me faire comprendre et ressentir, à un certain point de pratique, que ce n’est plus « moi » qui travaille, mais que c’est la « Source » qui travaille à travers « moi »…

La difficulté est dans l’attitude à prendre dans l’approche. Si vous ne pouvez pas vous souvenir tout le temps du Divin quand vous travaillez, cela n’a pas grande importance. Il suffit de consacrer le travail quand vous le commencez et de rendre grâce quand vous le terminez. Cela change complètement l’approche du travail, à vous de bien en saisir la portée.

Une méthode qui donne de grands résultats, c’est de faire descendre, par l’aspiration et la volonté de consécration, une Force plus grande pour accomplir le travail. C’est savoir faire faire les choses par le Pouvoir qui est derrière ou au-dessus, au lieu de faire l’effort du mental. Ceux qui appliquent cela par le lâcher-prise et en laissant faire la Source, connaissent des résultats exceptionnels dans la paix et la sérénité.

 
Le travail, un outil d'éveil
 

Mon expérience avec cette méthode que j’appelle « laisser faire la Source », se déroule en plusieurs étapes. D’abord j’exprime le résultat que je veux obtenir et pourquoi. Je l’exprime soit intérieurement, soit par écrit, soit à haute voix. Ce souhait doit impérativement apporter une émotion positive et avoir une utilité. Ensuite j’attends que l’inspiration « comment faire » me parvienne. Je ne cherche pas avec mon mental. Il arrive que je reçoive un message pour m’indiquer que le « pourquoi » (le but), n’a pas vraiment d’utilité, ou qu’il y a mieux à faire. Parfois l’inspiration est instantanée, et parfois j’attends une semaine, ou deux avant d’avoir le déclic.

C’est donc mieux d’anticiper, cela laisse le temps d’être mieux servi par l’Univers. Dans tous les cas où l’anticipation n’est pas possible, donc tout ce qui est imprévu ou “quotidien”, j’essaye toujours de laisser un peu de temps entre la prise de décision d’agir et l’action. Même quelques minutes pendant lesquelles je fais le vide, pour ne pas répondre à la sollicitation avec le mental. En général cela fonctionne plutôt bien, je me mets en action avec la sensation d’être guidé et de savoir quoi faire et dans quel ordre.

Inclure cette conscience extérieure est d’une importance capitale, tout en sachant que la méditation ne peut pas le faire. La méditation ne peut agir que sur l’être intérieur. Le travail est donc d’une importance primordiale, mais il doit être accompli dans l’attitude juste et la conscience juste. Il est alors aussi fructueux que n’importe quelle méditation.

Garder un travail (même non rémunéré, comme le jardinage, le bricolage, le ménage, le bénévolat,…), aide à conserver l’équilibre entre l’expérience intérieure et le développement extérieur, sinon on risque de trop pencher d’un côté, de manquer de mesure et de pondération. A aucun stade du chemin spirituel le travail n’est impossible, il n’est aucun passage ou sentier où l’on soit sans point d’appui et où il faille renoncer à l’action sous prétexte qu’elle est incompatible avec la concentration sur le Divin. Une cessation complète du travail et le retrait total en soi-même sont rarement à conseiller. Ceci peut encourager un état trop exclusif et visionnaire où l’on vit dans une sorte de monde intermédiaire d’expériences purement subjectives sans avoir de prise solide sur la réalité extérieure.

Librement inspiré de Sri Aurobindo
 


 

Commentaires

  1. J’aime décidément bien la façon dont tu parles du réel, relié à l’Esprit, Philippe. Je reçois chaque jour un “verbatim” des Dialogues avec l’ange. Ce matin, il nous dit : “Faire n’est pas agir” (Entretien 62 – page 300) A méditer…

    A celles et ceux qui souhaitent recevoir leur message angélique quotidien (je dis “leur” car le message arrive toujours à point nommé), il suffit d’écrire à cette adresse dialange1@laposte.net en demandant d’être sur la liste de destinataires.

    De tout coeur,

  2. La suite est aussi intéressante, avec plusieurs niveaux de lecture selon le chemin de chacun.

    Faire n’est pas agir.
    L’animal sent, veut, fait.
    L’homme, qui se croit déjà Homme,
    se vante de ne plus faire aveuglément,
    et croit que son savoir
    lui indique le bon et le mauvais.
    Le savoir est le fruit vert de l’arbre ancien.
    L’enfant s’en était saisi avant le temps,
    mais le temps de la maturité est venu.
    Maintenant vous pouvez le manger.
    Pour le sage, le savoir n’est que moyen, rien d’autre.
    Sentir, vouloir, faire ne sont pas libres.
    Seul l’ACTE est libre.
    Ainsi, il est agissant à travers tout.
    Il n’y a plus d’obstacle, il n’y a plus de murs,
    il transcende tout.
    Ce qui est sans vie,
    Il le fait tomber en poussière.
    Ce qui est vivant,
    reçoit une nouvelle vie, car l’acte agit.
    Il ne détruit pas, il ne construit pas,
    il n’enlaidit pas, il n’embellit pas, il agit.

  3. A propos du travail et de la fatigue qui peut en découler, Mère dit ceci dans un dialogue avec Satprem.
    “Et une espèce de certitude au fond de la Matière, que la solution est là. Oh! Que de bruit. Comme vous avez essayé en vain! Descendez, dedans, assez profond, et restez assez tranquillement, alors-ça-sera.
    Et vous ne pouvez pas comprendre, il faut seulement que ça Soit.
    Mais pourquoi faut-il descendre? Est-ce qu’on ne peut pas agir d’en haut sur la matière?
    Agir d’en haut! Mais j’ai agit d’en haut pendant plus de trente ans! Mais ça ne change rien!
    Cela ne transforme pas. Transformer, c’est transformer. La transformation, il faut descendre dans le corps, et ça c’est terrible….Autrement, ce ne sera jamais transformé, ça restera tel quel. On peut, n’est-ce pas, on peut même faire figure de surhomme! Mais ce n’est pas la vraie chose, ce n’est pas l’étape prochaine de l’évolution terrestre”.

    Une fatigue intense, telle que celle que le travail physique ou celui d’une création artistique entraîne, donne cette facilité à descendre dans le corps. Paradoxe du Faire et/ou du Non-Faire!!!

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