Rendez-vous compte que vous êtes conditionné

Pour apprécier la valeur de la méditation, vous devez vérifier comment fonctionne votre esprit en ce moment même. Vous n’aurez pas besoin de faire de longues recherches pour vous rendre compte que votre esprit a subi des influences assez lourdes par le passé.

Ces influences ont formé vos attitudes, vous ont conditionné à réagir de certaines façons spécifiques aux événements de votre vie. À moins que vous n’ayez déjà atteint un certain degré de réalisation spirituelle, ce conditionnement – dont une bonne partie est négative – vous affecte encore aujourd’hui. (Par réalisation spirituelle, nous entendons la liberté qui provient de la vision profonde ou pénétration de votre conditionnement pour atteindre la paix et la clarté qui se trouvent au-dessous.)

Par exemple, pensez simplement à la manière dont votre environnement vous bombarde en permanence avec des messages choquants et subliminaux sur la manière dont vous devriez penser et vous comporter. Entrez simplement dans un magasin, et une espèce de « supertrucbiduleélectroniquenouveauetamélioré » semble sauter du rayon et exiger que vous l’achetiez.

Soudainement, vous avez l’impression que si vous n’achetez pas immédiatement ce produit, il manquera quelque chose dans votre vie. Mais d’où provient donc cette impulsion, cette pensée qu’« il faut absolument l’avoir » ? Diriez-vous que ce type de réaction est une expression spontanée de votre constitution naturelle ? Est-ce une manifestation de la pureté fondamentale de votre esprit ? Ou est-ce plutôt une réponse habituelle conditionnée par les heures de publicité auxquelles vous avez été exposé ?

 
Rendez-vous compte que vous êtes conditionné
 

Prenons maintenant un exemple complètement différent. Vous voyez un étranger au loin, et bien que vous ne sachiez rien de lui et qu’il ne vous ait rien fait, instantanément vous ne l’aimez pas. Vous vous sentez peut-être tellement mal à l’aise en le regardant que vos muscles commencent à se contracter comme si vous vous prépariez à vous battre. Ici aussi, demandez-vous d’où provient cette impulsion agressive. Est-ce une réponse causée naturellement et librement par une menace réelle et objective représentée par cet étranger ?

Ou bien la couleur de sa peau et son allure générale correspondent-elles justement à celles d’un groupe ethnique que vous êtes habitué à craindre ou à identifier comme étant un ennemi potentiel ? Certaines formes de conditionnement, comme ceux de la publicité et de la propagande politique, sont relativement faciles à identifier.

D’autres formes, comme celles auxquelles vous avez été exposé dans votre petite enfance (« tu es terrible, tu es un vrai bon à rien ! »), sont plus difficiles à reconnaître. Et d’autres formes encore de conditionnement – celles qui ont sans doute laissé leur empreinte sur votre esprit dans une vie antérieure – sont peut-être inaccessibles à votre souvenir, du moins pour le moment. Toutes exercent une influence qui dure depuis longtemps sur ce que vous faites, dites et pensez.

Extrait de “Le bouddhisme pour les nuls”, de Jonathan Landaw et Stephan Bodian

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