La pluie revient toujours…

A force de détachement, j’ai peur de ne plus savoir aimer.
A force d’éloignement, j’ai peur de ne plus me retrouver.
A force de transformation, j’ai peur de perdre le contact avec le réel.

L’amour m’échappe. Je m’éloigne pour le ressentir dans toutes ses nuances et il m’échappe. Il se désincarne, il perd de sa densité et je reste seule avec moi-même sur la terre rouge. Je suis debout quelque part entre la terre et le ciel, dans un lieu de haute vibration où pourtant les humains ont peur d’aimer. La nature s’offre en abondance et je rencontre la sécheresse intérieure et mon vide d’amour.

J’ai envie d’aimer. J’ai envie de ressentir la vibration d’amour. J’ai envie qu’elle m’enveloppe, qu’elle m’emporte, qu’elle me transporte, qu’elle me donne toutes les audaces, qu’elle éveille en moi toutes les créativités.
Et elle m’échappe.
Y a-t-il un lien entre Votre Présence et l’amour qui m’échappe ?
Y a-t-il un lien entre ma quête de Votre Présence et l’amour terrestre qui m’échappe ?
J’aimerais que l’amour recouvre le monde. Et l’amour me résiste. Je lui résiste.
Cela commencerait par moi et pourtant je lui résiste.

J’ai envie de vous entendre. Je veux vous entendre. J’ai besoin de vous entendre…
 
La pluie revient toujours...
 
« Nous te parlons…
Le doute s’installe en toi. Ceci est une bonne chose. Ceci fait partie du processus. Tu ne peux rencontrer ton centre, tu ne peux NOUS rencontrer en ton centre, sans traverser le voile du doute. L’illumination, si elle se produit, n’est pas ton but. Ton passage (ton chemin) est un processus, une aventure précise et singulière que tu as entreprise et que tu poursuis et au cours de laquelle le doute s’offre à toi ponctuellement.

Ponctuellement, l’amour te remplit comme le vase, le réceptacle que tu es. Tu en ressens alors toutes les nuances, toutes les couleurs, toutes les ondes ; tu te réjouis alors d’être arrivée là où tu souhaites aller. Mais le vase doucement se vide, la coupe s’assèche et le doute revient avec l’intégration. Tu te réveilles différente. Tu te réveilles étrangère à l’émotion que tu ressentais plus tôt.
Et le doute t’assaille.

Tu appelles cette émotion, tu la recherches mais elle t’échappe. Elle était là, si proche, si fragile, si légère et il a suffi d’une présence maladroite ou envahissante pour la faire disparaitre, pour rompre le charme. Tout cela est si délicat que tu voudrais rester seule avec cette émotion, ce ressenti, n’être dérangée par rien, n’être sollicitée par personne, être seulement toi, seule avec cet amour que tu ressens et qui te remplit. Mais la vie te sollicite, le monde te recherche et parfois t’encombre et la légèreté de cette émotion, cette merveilleuse palpitation, disparaît.
Et le doute apparaît.

C’est ainsi que tu peux nous rencontrer dans cette quête sans cesse renouvelée. Nous sommes là. L’amour est là. Et la transformation l’éloigne parfois car tu ne peux tout faire en même temps : toucher à ton essence et à celle de l’amour.

Tu aimerais que l’amour recouvre la terre. La terre aussi désire que l’amour la recouvre, l’enveloppe, la nourrisse, l’abreuve, la remplisse.
TU ES LA TERRE !
Tu es à toi seule la terre. La terre qui appelle, la terre qui a peur de brûler seule, abandonnée, oubliée, manipulée, maltraitée. Tu as peur d’être cette terre. Tu appelles la pluie, tu appelles la rosée, tu appelles l’ensemencement, tu appelles la main qui te retourne pour t’alléger, pour t’aérer. Tu appelles le geste, le mouvement, la danse, la grâce. Tu appelles la course, le vol, la caresse, l’effleurement. Ne crains rien. Les saisons se succèdent sur ta peau, dans tes cellules, dans ta chair, dans le flux de ton sang. Elles passent, suivant leur rythme. Ne doute pas de ce qu’elles provoquent en toi. L’intégration est un processus qui te laisse seule, surprise, lorsque tu te vois, lorsque tu te reconnais transformée, différente et que tu ne sais plus si tu aimes encore.

Accepte ce détachement.

Accueille-le pour ce qu’il est : un espace à remplir, à nourrir, à faire fructifier. Cela ne dépend pas de ta volonté. Cela dépend du flux de la vie qui vibre en toi et se présente à toi de l’extérieur de toi. Tu ne peux que consentir. Tu es allée trop loin pour contrôler. Tu ne peux qu’agréer, remercier pour ce qui t’est proposé, quand bien même cela prenne l’apparence d’une terre aride.
La pluie viendra. La pluie revient toujours.

Suis le mouvement de la main qui caresse l’air ; suis le mouvement des doigts qui s’effleurent ; suis cet infini subtil, infinie gestuelle qui n’offre rien d’autre que sa grâce, qui n’a rien à proposer d’autre que sa souplesse et sa fluidité et qui, pourtant, contient à elle seule toutes les danses, tous les mouvements.

Accueille l’infiniment petit, l’infiniment subtil, l’infiniment infini.

Laisse la coupe se remplir doucement. Le nectar est précieux. »

Reçu par Brigitte Guilhot

 


 

Commentaires

  1. Grand merci Brigitte de partager ce texte qui console, rassure, aime…J’en avais besoin. Nous sommes vraiment unis, nous traversons ensemble. Puisse cette communication être davantage communion! Est ce la clé, je ne sais, une clé sans aucun doute!

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