Oubliez tout ce que vous savez

Oubliez ! En retrouvant votre innocence, votre simplicité originelle, vous connaîtrez la vérité, vous saurez qui vous êtes.

La lumière apparaît dans la conscience libérée du langage et de la pensée. Abattez les murs qui vous tiennent captifs, permettez à votre condition naturelle de se manifester. Pour atteindre le ciel, vous devez devenir comme lui : vides, libres, sans limite. Les pensées vous obnubilent, elles sont comme un brouillard, un nuage de poussière, une colonne de fumée.

Je ne veux pas rendre votre obscurité plus épaisse encore. Je ne vous enseigne aucun catéchisme. Je l’aurais fait depuis longtemps si cela était aussi simple. Je ne vous raconte aucune épopée, cela aussi eut été facile. J’essaie de vous faire saisir ce qu’aucun verbe ne peut refléter : une expérience vivante, totale, la découverte de Cela, de «l’instance qui sait», de la conscience qui voit. La difficulté est insurmontable.

 
Oubliez tout ce que vous savez
 

 

 

Dans le savoir commun, emprunté, appris, celui qui connaît et la chose connue sont séparés, distincts. Ils ne le sont plus lors de la réalisation du Soi suprême. Celui qui connaît, la chose connue et la connaissance fusionnent et ne font plus qu’un. Voilà pourquoi les paroles n’ont plus cours. Elles ne sont pas conçues pour cela. Elles s’appliquent au monde physique, aux formes extérieures de la vérité. Le cœur n’est pas de leur ressort, le centre est connu lorsque le mental se tait.

Ce qui se produit dans l’univers du silence, loin de l’apparence matérielle, ne peut passer par le canal étroit du verbe. Pouvez-vous amener le ciel sur terre ? Et si vous le pouviez, serait-ce encore le ciel ? Or, la vérité est plus vaste que tous les cieux réunis. Vous croyez pouvoir acquérir la vérité ! On vous vend le divin, la délivrance (moksha) depuis longtemps, parce que vous êtes acheteurs. Les marchands du temple ne sont pas à blâmer. Ce sont des marchands, ils vous fournissent ce que vous demandez. Tant qu’il y aura des amateurs de vérités précuites, le commerce religieux sera florissant. Je ne propose ni vérité en boîte ni spiritualité de confection. Adressez-vous ailleurs pour cela.

Un jour, un maître interrogea un disciple sur la nature de la vérité. «Oui, très bien !» fit-il après avoir entendu la réponse. Le lendemain, il posa la même question. Le disciple remarqua qu’il avait déjà répondu, mais comme le maître insistait, il répéta les paroles de la veille. «Non ! Non !» gronda le maître. «Mais enfin, se plaignit le disciple, hier tu disais oui et aujourd’hui tu dis non.» «En effet, dit le maître. Hier c’était oui. Aujourd’hui c’est non.»

Savez-vous ce que cela signifie ? La réponse du disciple était devenue stéréotypée, répétitive, rigide, mécanique. La vision était morte, ce n’était plus qu’un souvenir. La connaissance avait disparu. Votre cerveau est encombre de réponses de ce genre, les cadavres s’y entassent et empêchent la réalité
vivante d’émerger.

Mes amis, n’adulez plus votre mémoire, éveillez-vous. Ressuscitez d’entre les morts, libérez-vous.
N’anticipez rien, la vérité est impossible à imaginer, encore moins à définir, à codifier. N’espérez pas la voir se conformer à ce que vous enseignent les philosophes, les théologiens, les idéologues. Vous perdriez votre temps.

Il ne s’agit sous aucun prétexte d’enfermer la réalité dans des formules, mais de vous sortir de leur carcan. N’étudiez pas les religions, sachez qui vous êtes, faites-en l’expérience. C’est en la vivant que vous trouverez la vie réelle. Si vous voulez connaître la saveur de l’eau, allez boire à la fontaine.

La vérité n’est jamais une conquête de votre intellect ni un produit de votre ingéniosité. Elle est là, elle existe, elle est perçue par celui qui ouvre les yeux, elle disparaît pour celui qui se voile la face. Soulevez vos paupières, vous contemplerez enfin la lumière dans son éblouissante pureté, dans son adorable innocence, dans sa plénitude sans pareille. Elle vous transportera, elle vous transfigurera.

De quoi vais-je vous entretenir, puisque vous enseigner la vérité est exclu ? Je vais vous parler de la manière d’ouvrir les yeux. Je me tairai sur l’aboutissement, mais je vous indiquerai la voie qui y mène. Je ne vous raconterai pas ce que je vois, mais vous dirai comment je vois. Cela, heureusement, peut être exprimé sans effets pernicieux.

La religion authentique ne se soucie ni de doctrine ni de vérité, mais de la méthode qui y donne accès. Je me bornerai à vous conduire vers le lieu incandescent où votre ignorance s’évaporera comme de l’eau qui se met à bouillir. Vous devez vous-mêmes voir le feu qui est votre identité éternelle.

Osho


 

Commentaires

  1. Merci à toi Sylvie et vous tous qui partagez vos ressentis dans les commentaires ou par email. Oui, il y en aura encore un de cette magnifique série d’Osho. Le dernier aura pour sujet “La Vérité”… 🙂

  2. Merci pour ce partage. La vérité n’existe pas? Elle est changeante, selon notre disposition, notre ouverture, notre conscience…bref, en ce jour j’oublie tout…je me fond dans le flux de la vie et j’essaie d'”être” tout simplement.
    Lumineusement.

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