Notre prochain miracle

Aujourd’hui je partage avec vous ce texte de Satprem :

Est-ce incurable?

Ce vieux monde a trouvé le moyen de se guérir de bien des maux et bien des formes périmées. Cette vieille Terre a toujours trouvé le moyen.

Cette Matière « terrifiante » qu’il faut marteler encore et encore pour extraire la conscience somnambule qui est là et qui pourrait tout changer… N’avons-nous pas été assez martelés pour comprendre, enfin, notre propre secret. Ou faudra-t-il, encore, quelque accident « naturel » pour nous délivrer?

Nous vivons dans l’illusion terrible d’une fausse conscience qui nous dévore — et ce n’est pas une illusion bouddhique, c’est une illusion physique, comme celle d’une plante qui ne trouverait pas son soleil. La plante, ça veut du large, de l’air, de l’eau qui coule. Et qu’est-ce qui coule dans nos veines ? Qu’est-ce que cette fausse hérédité que l’on voudrait nous coller sur le dos, pour marcher de plus en plus courbé et lourd sous le poids d’un vieux pot dans lequel on voudrait nous empoter pour toujours. Ce ne sont plus du tout nos cellules qui sentent et deviennent ! C’est l’hypnotisme collectif du vieux château fort dans lequel nous vivons, et qui nous étouffe.

« Nous sommes drogués par la domination de la Matière. »

 
Notre prochain miracle
 

Mais cette Matière n’est même plus ce qu’elle était jadis, brute et poreuse ! Nous l’avons dogmatisée, durcie, couverte de péchés mortels et médicaux — et tout est mortel là-dedans. Mais où était le « mortel » dans la première plante des Âges ? Ça poussait, tout simplement et indiscutablement, et si ça ne poussait pas là, ça poussait autrement et contournait l’obstacle. Mais maintenant, l’« obstacle » est devenu incontournable, c’est du béton pensant et qui devient ce qu’il pense, ou ce que pensent les dogmes et les slogans à la mode.

« Nos corps ont été fatalement endoctrinés par le mental et convertis à de fausses habitudes. »

Ce sont des « lois », disent-ils, mais la vieille terre se moquait fort bien des lois ! Qu’elle ignorait ou arrangeait à sa façon par la vieille poussée puissante qui la poussait ; elle faisait même des « miracles » à sa façon, que nul homme ne serait capable d’inventer ou rares de supporter — c’est très insupportable, les miracles, c’est comme d’entrer subitement dans une autre peau.

Peut-être nous faut-il changer de peau, et respirer un autre air… ou une autre conscience.

Nous, les « conquérants » de toutes les limites, les « conquistadores » de toutes les découvertes, nous ne nous sommes pas aperçus d’une simple chose : notre Limite, c’est l’instrument même dont nous nous servons pour examiner la Matière et pour calculer exactement la géographie de nos propres yeux : c’est le Mental. Comme les nageoires et les branchies du poisson étaient l’instrument pour mesurer leur monde, et en même temps leur limite pour devenir terrien. Ce Mental périmé, hypnotique, « drogué » par sa propre science, devenu tout à fait dément et barbare, c’est notre Limite immédiate à conquérir pour débarquer sur la prochaine Terre et dans notre prochain corps : un corps conscient et libre de son vieil esclavage aux prétendues « lois » de la Matière.

« Une loi quelconque est simplement un équilibre établi par la Nature, c’est une stabilisation de forces. Mais ce n’est qu’un sillon dans lequel la Nature a pris l’habitude de travailler pour obtenir certains résultats. Si vous changez de conscience, le sillon change aussi, nécessairement. »

C’est le prochain miracle qui nous attend. Mais il faut le vouloir.

Après tout, cette Matière n’est peut-être pas « terrifiante » ni fracassante ni mortelle, elle est miraculeuse.

Mais il faut le vouloir et changer de peau à temps. « Je veux savoir le vrai » disait Œdipe.

Avec une pointe d’humour, Mère disait : « La mort est la plus enracinée de toutes les habitudes. »

Extrait de Satprem, La légende de l’avenir.

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