Méditer en travaillant

Il est intéressant d’apprendre à méditer dans des conditions peu favorables, bruyantes. Commencez par observer vos actions et votre mental tandis que vous êtes au travail ou engagé dans quelque chose, comme par exemple lors d’un passe-temps dans lequel vous excellez. Vous vous sentez efficace, ce qui, habituellement, signifie que vous prenez plaisir à ce que vous faites.

En vous observant vous-même en train de travailler d’une façon efficace, vous verrez que pour accomplir quelque chose hors de tout souci, cela dépendra du contrôle que vous aurez sur vous-même et de votre non-distraction. Vous remarquerez que les facteurs qui vous auraient distrait en d’autres circonstances n’ont plus le même effet sur vous.

Les distractions sont fausses, illusoires. Le bruit et d’autres conditions défavorables deviennent des distractions quand votre mental les utilise pour se justifier : par exemple pour pouvoir se mettre en colère, s’impatienter, ou être brusque avec les autres.

Plus vous vous observerez en train d’accomplir vos tâches d’une manière aisée et efficace, plus vous vous identifierez à cet état non problématique. Il vous sera alors de plus en plus facile d’accomplir vos tâches dans un tel climat, même si les conditions sont défavorables ou bruyantes. Ainsi, lorsque le moment viendra où il vous faudra vous asseoir et méditer dans des conditions difficiles, vous vous serez vous-même bien préparé.

 
Méditer en travaillant
 

Quand vous êtes absorbé par votre travail ou par un passe-temps, il est difficile de vous rappeler la nécessité de prendre du recul. Cependant, à ce stade, vous devriez avoir commencé à vous surprendre en train de vous observer vous-même dans l’action — et ce, sans avoir à vous souvenir de le faire. Il se peut que ceci ne vous arrive que deux ou trois fois par jour, et que les autres moments de recul dépendent de vos efforts pour vous en souvenir, et il se peut même que cela ne donne pas de grands résultats. Mais ce que vous tentez de réussir, c’est de prendre du recul sans effort. Une fois que le processus commence, il ne s’arrête plus.

Aucun cours de méditation, sur dix jours voire même sur dix mois, ne vous permettra de prendre des raccourcis. Désormais, vous savez combien il est difficile de devenir pleinement conscient, ne serait-ce que quelques secondes par jour. Tout le monde rencontre les mêmes difficultés. Mais chaque centimètre que vous gagnez est gagné pour toujours. Chaque pas franchi avec succès constitue une base solide pour faire le pas suivant, même si celui-ci est hésitant, ou si vous allez trébucher.

Pendant que vous accomplissez votre travail avec efficacité, essayez d’observer les points suivants :

Vous n’êtes conscient d’aucun effort exténuant. Vous pouvez siffler, fredonner, chanter ou même faire une pause pour dire une plaisanterie, sans que cela entrave ni la continuité ni la qualité de votre travail.

Vous ne pensez pas. Vous agissez avec une conscience dépourvue de pensée, mais qui bouge selon une suite précise et logique, passant d’un fait à l’autre, d’une action à l’autre, d’un moment à l’autre, focalisée sur le but du travail à accomplir.

Votre mental est transparent, calme, vigilant ; il est simplement occupé tout comme un lac à la surface duquel roule, sans effort, la vague de l’action pure.

Si une difficulté soudaine se présente, vous n’en éprouvez aucune inquiétude. Vous y répondez en agissant ou en planifiant une nouvelle ligne de conduite. Si vous n’êtes pas en mesure d’agir sur-le-champ, vous allez rechercher des faits supplémentaires, et attendre ; ou encore, vous vous occupez à autre chose en attendant que l’information arrive.

S’il se trouve que vous ressentiez de l’inquiétude et que, plus tard, vous soyez en mesure de méditer sur ce qui s’est passé, vous découvrirez qu’un intérêt pour vous-même s’est substitué à votre intérêt pour le travail ; vous vous êtes trompé de but. De plus, vos collègues ou vos supérieurs vous reprocheront de paniquer ou de ne pas être à la hauteur. Et, s’ils sont eux-mêmes capables de rester efficaces dans un tel cas d’urgence, ils vous écarteront et prendront le contrôle de l’action.

Pour rester efficace face à un obstacle, il faut l’affronter franchement, et extirper de votre mémoire les faits dont vous savez par expérience qu’ils vont pouvoir neutraliser l’obstacle et remédier à la situation. Ce n’est qu’en dernier ressort qu’il vous faudra suivre vos impressions ou vos suppositions. Si vous êtes néanmoins contraint d’agir à partir de celles-ci, soyez conscient d’une manière aiguë de leur manque de fiabilité, et exprimez vos doutes ou votre désarroi de devoir les utiliser.

Librement inspiré de Barry LONG.

 


 

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