L’instant présent, quelle merveille !

Il y a un exercice de respiration dont j’aimerais vous faire cadeau. Si vous le pratiquez dans les moments difficiles, je suis sûr qu’il vous apportera aussitôt un certain soulagement. Le voici, sous la forme d’un poème :

Inspirant, je sais que j’inspire,
Expirant, je sais que j’expire ;
Inspirant, je remarque que ma respiration se fait plus profonde,
Expirant, je remarque que ma respiration se ralentit ;
Inspirant, je deviens calme,
Expirant, je me sens bien ;
Inspirant, je souris,
Expirant, je lâche prise ;
Inspirant, je demeure dans l’instant présent, Expirant, j’en ressens tout l’aspect merveilleux.

 
L’instant présent, quelle merveille
 

Ce poème pourrait se récapituler de la façon suivante :

Inspir, expir ; profondeur, lenteur ;
Calme, bien-être; sourire, apaisement;
Instant présent, instant merveilleux.

Pour commencer, pratiquez la phase «Inspir, expir». Inspirant, dites : «inspir», en sorte d’avoir une conscience plus vive de l’air qui pénètre dans votre corps. Expirant, dites : «expir», tout en étant conscient de l’air expulsé hors de votre corps. Ces mots sont des guides, chacun d’eux est là pour vous rappeler de respirer dans l’instant, présent. Vous répétez : «Inspir, expir», jusqu’à ce que vous remarquiez que votre concentration est devenue paisible et ferme.

Ensuite, vous dites «profondeur» sur l’inspiration, et «lenteur» sur l’expiration. Le fait de respirer en toute conscience approfondit et ralentit la respiration, la rend plus paisible et plus agréable. Vous respirez en disant : «profondeur, lenteur; profondeur, lenteur», jusqu’à ce que vous ayez envie de passer à la phase suivante : « Calme, bien- être».

«Calme», cela signifie calmer le corps, lui apporter la paix. Inspirant, j’apporte à mon corps l’élément de calme. Dès qu’un sentiment ou une émotion se lève qui vient anéantir votre sentiment de paix, vous vous efforcez d’apaiser ce sentiment ou cette émotion. Inspirant, je calme mes émotions. Expirant, je calme mes sentiments.

Expirant, vous dites «bien-être». Autrement dit, vous vous sentez léger, détendu, avez l’impression que rien n’est aussi important que ce bien-être qui est vôtre en ce moment.

Dès que vous avez maîtrisé la phase : «Calme, bien-être», vous abordez la phase suivante : «Sourire, apaisement». Inspirant vous souriez, même si vous ne ressentez aucune joie. Le fait de sourire renforcera en vous, sinon fera naître en vous, la joie et la paix, mais dissipera également vos tensions. Expirant, vous dites : «apaisement». Vous lâchez prise par rapport à l’objet de votre souffrance – une idée, une peur, une inquiétude, de la colère.

Enfin, vous abordez la dernière phase de l’exercice : «Instant présent, instant merveilleux». Inspirant, vous êtes dans l’instant présent ; expirant, vous en ressentez tout le côté merveilleux. Rappelez-vous le Bouddha qui disait que l’instant présent était le seul instant où la vie est là, disponible. Pour pouvoir se relier aux profondeurs de la vie, il est indispensable de faire retour à l’instant présent.

La respiration est comme un pont reliant le corps et l’esprit. Il arrive trop souvent que le corps et l’esprit ne se trouvent pas au même endroit – que l’esprit est tourné vers le passé ou vers le futur. C’est ce que l’on appelle l’état de distraction. La respiration est l’agent assurant la liaison entre le corps et l’esprit. Lorsque vous inspirez et expirez en toute conscience, votre corps redevient un
avec votre esprit et votre esprit un avec votre corps. La respiration consciente refait l’unité entre votre corps et votre esprit ; elle vous permet d’être pleinement présent dans l’ici et maintenant, pleinement en vie dans l’ici et maintenant. C’est ainsi que vous devenez apte à vous relier aux profondeurs de la vie dans l’instant même. Ce n’est pas un exercice difficile, il est accessible à tous.

Extrait de Soyez libre là où vous êtes, Thich Nhat Hanh

 


 

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