L’infirmière, un joyau dans le système de santé

Il existe des métiers dans notre société qui sont mal reconnus et donc peu honorés : la profession d’infirmière (infirmier) en fait partie.

Pourtant, située entre le malade et la hiérarchie médicale, cette profession tient un rôle fondamental et stratégique dans la cohésion du système de santé, tant au niveau technique que relationnel.

Si mes pères les médecins m’ont transmis leurs connaissances théoriques apprises dans les livres, sans la plupart du temps les remettre en question, c’est bien grâce au personnel infirmier que j’ai appris mon métier sur le tas !

infirmière

Prise de sang, prise de tension, sondage vésical, réalisation des pansements, soins d’escarres, pose de perfusion, injections, etc…, sont autant de petits gestes techniques qui font partie de la vie quotidienne du système hospitalier ou ambulatoire. Pour les apprendre et les réaliser parfaitement, il faut trouver des personnes disponibles et désireuses de vous les enseigner. Les infirmières ont cette grande qualité. De plus, elles n’ont pas leur pareil pour mettre en confiance l’étudiant médecin qui débarque pour la première fois dans le monde hospitalier peu accueillant ( clin d’oeil!).

Mais les temps changent, mon expérience de jadis n’est peut-être plus celle que vivent les jeunes apprentis médecins hospitaliers aujourd’hui.

Par ailleurs, si le médecin prescrit un médicament au malade, sous quelques formes que ce soit, c’est bien l’infirmière qui a la responsabilité de la réalisation.

De mon point de vue, ce sont ces dames qui animent la vie des services hospitaliers ou ambulatoires (où les médecins ne sont que des visiteurs) par leur dynamisme et leurs qualités relationnelles.

Ce sens de la relation à l’autre est de la plus haute importance, car c’est bien l’infirmière qui fait le lien entre l’autorité médicale et le malade soumis, qui n’ose pas exprimer sa vérité.

C’est du grand art que de trouver un juste équilibre entre ces deux pôles sans y perdre sa propre énergie vitale. D’une part le personnel infirmier discute diplomatiquement avec le médecin de la stratégie de traitement à mettre en route chez tel patient et ceci sans jamais rentrer dans un rapport de force. Ce n’est pas facile de prendre sa place en tant qu’interlocuteur reconnu, d’être un conseil à part égale pour la prise de décision finale qui sera au bénéfice du patient… et du groupe.

Le malade d’autre part, en manque de confiance dans ce monde un peu inhospitalier, est à la recherche d’un confident, car il se sent coupé de ses bases. C’est lui qui confie à l’infirmière souriante son intimité ainsi que ses soucis, ses peurs qui sont la cause de son mal être, et c’est elle qui l’écoute, le rassure, lui montre de la tendresse et lui traduit en termes compréhensibles le langage énigmatique médical.

L’infirmière représente souvent cette part d’humanité qui manque à notre système de santé patriarcal…

Pour terminer, j’affirme que le personnel infirmier a un rôle central et majeur à tenir dans le système de santé. Plus de reconnaissance de la part des pouvoirs publiques et de l’autorité médicale envers cette profession serait appréciée. Il n’est pas toujours tenu compte des horaires ingrats de travail qui peuvent perturber la vie familiale. Les notions de sacerdoce et de malades à sauver… sont à jeter aux oubliettes.

Une infirmière, de par sa situation stratégique, ayant trouvé son juste équilibre, peut rayonner sa présence aimante et souveraine en milieu hospitalier ou ambulatoire. Alors, bien au-delà des médicaments et des techniques de soins, des miracles peuvent survenir, car ce n’est pas ce que nous faisons qui compte, mais comment nous le faisons.

Si vous n’avez pas encore compris, c’est bien un hommage que je rends ici à cette profession, en offrant aussi ma gratitude et mes encouragements à toutes ces personnes formidables. Soyez !

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