Libérez-vous pour vivre une Vie extraordinaire

En vérité, l’Extraordinaire vit déjà en chacun de nous. Quel argument plus stimulant souhaitez-vous entendre ? Je n’en connais pas. Par « Extraordinaire », je ne fais pas allusion à une condition ou à une sensation née d’une expérience particulièrement palpitante, pas plus qu’à la réalisation longtemps attendue d’un désir particulier. L’Extraordinaire, ici, va bien au-delà de ces moments isolés, aussi réjouissants soient-ils. C’est la source immuable et inépuisable qui est le centre secret de chacun de nous, une ressource hors du temps, ouverte à quiconque recherche la Vie qui existe derrière la vie. C’est certainement à cette Vie extraordinaire que saint Paul fait allusion lorsqu’il s’adresse à la population athénienne : « Car c’est en Lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être. »

Maintenant, en gardant ces idées à l’esprit, examinons la notion de Vie extraordinaire sous un angle légèrement différent.

 
Libérez-vous pour vivre une Vie extraordinaire
 

Chacun d’entre nous, d’une manière ou d’une autre, a touché une forme de grandeur passagère ou été touché par elle. Et bien que le plaisir inhérent à ces victoires personnelles soit indubitable, il est également évident qu’un élément essentiel leur manque. En effet, elles n’ont pas le pouvoir de satisfaire notre besoin de connaître, directement, quelque chose de vraiment permanent. Qui parmi nous n’a pas vu le plus cher de ses rêves s’écouler sous les ravages du temps ? C’est pourquoi Vernon Howard, grand philosophe américain, enseignait à ses disciples : « Il est sage de rechercher l’immortalité, car le temps vient à bout de toutes les autres ambitions. »

Tout ce qui est matériel finit par passer. C’est une vérité universelle, qui signifie que, malgré notre quête d’un trésor permanent dans une vie temporelle, nous ne modifierons pas l’inéluctable. Voici donc ce que nous devrions faire, en commençant par un rapide coup d’œil vers une notion qu’il faut comprendre pour réussir dans notre entreprise. Dans les grands moments de la vie, durant lesquels nous entrevoyons soudain quelque chose d’inspiré, d’aimant, de fort, d’éternel, de si splendide que notre esprit se tait, nous savons que nous sommes en présence de notre potentiel d’apprendre et de vivre dans un ordre supérieur de nous-mêmes. Mais ce qu’il est important de comprendre, au sujet de chacune de ces forces vitales et lumineuses qui s’activent en nous, c’est que notre expérience ne représente qu’un bref interlude entre cet aspect momentanément réceptif de nous-mêmes et la Vie extraordinaire d’où elles sont issues. Ici aussi, illustrons cette idée céleste par l’exemple d’un moment que nous avons tous vécu.

Imaginez-vous dans une forêt profonde, par une belle journée ensoleillée. Vous traversez les rayons silencieux qui plongent vers le sous-bois ombragé. Bien que les flèches de lumière apparaissent au hasard et semblent être indépendantes les unes des autres, vous savez parfaitement que chaque rayon provient d’une source unique : le soleil. Il en va de même des qualités merveilleusement intemporelles que nous voyons parfois briller à travers notre cœur et notre esprit. Toutes ces caractéristiques célestes ne sont que l’expression fugace de la véritable nature que nous n’avons pas encore concrétisée, l’essence éternelle dont le domicile secret est au cœur même de notre âme. Toutefois, la compréhension de cette vérité qui nous libère n’est pas encore achevée. C’est pourquoi il nous reste à revendiquer notre place au soleil. Mais si la relation potentielle avec la vraie vie existe vraiment, cela signifie que nous sommes destinés à prendre conscience de tout ce qui vit sous le soleil ainsi qu’à nous intégrer à la lumière qui éclaire ce royaume. En l’occurrence, nous devrions nous poser une question : pourquoi avons-nous manqué notre but ?

La réponse est surprenante. La seule raison pour laquelle nous ne voyons pas le seuil de cette lumière extraordinaire, c’est que nous ne savons pas où regarder. Peut-être devrais-je reformuler cette idée. Nous regardons, certes, mais pas là où il faudrait. Cette limite invisible qui nous empêche de voir au-delà de notre vie est un ingrédient de notre nature actuelle. Voyons si cela est vrai.
Cette nature actuelle examine la vie qui nous entoure, ainsi que tous les mouvements qu’elle y décèle, grâce à nos cinq sens. Cela signifie que la somme de notre relation avec le monde est déterminée par notre vue, notre ouïe, notre odorat, notre toucher et notre goût. C’est là une importante considération, car elle nous permet de comprendre quelque chose d’invisible jusqu’ici. Ces facultés naturelles communiquent constamment avec nous sous forme de sensations. Mais elles nous indiquent aussi que nous vivons en dehors de la réalité qu’elles enregistrent, au point que pratiquement tout ce que nous ressentons sur nous-mêmes nous révèle que nous vivons dans une réalité qui se déroule à l’extérieur de nous. Cette vision incomplète de la vie entraîne des conséquences malheureuses. En effet, au lieu de vivre dans la paix et la grâce de notre conscience d’une relation indivisible avec la Vie extraordinaire, nous en sommes réduits à une quête frénétique de quelques fragments minuscules et, certainement, fugitifs.

Pour le moment, nous sommes des non-voyants. Notre perception de la réalité est partielle, dans le meilleur des cas. Nous sommes incapables de comprendre que ce degré limité de conscience est justement la cause de notre malheur ! Et ainsi de suite, car nous continuons de poursuivre ce qui n’est rien d’autre que l’ombre de la vraie vie. C’est comme si nous avions aperçu une perle d’un orient magnifique dissimulée dans le sable. Nous essayons désespérément de nous convaincre qu’un coup d’œil fugitif suffit à notre bonheur, qu’il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’à recueillir la perle et la posséder pour en jouir.

Librement inspiré de « Vivre et lâcher prise », Guy Finley, Les Éditions de l’Homme.


 

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