Les Univers parallèles (partie 1)

L’impulsion première, lorsqu’on souhaite réaliser un souhait, un désir, est de vouloir changer son monde, de voir les choses se transformer dans notre univers. C’est bien là la première et la plus fondamentale des erreurs en matière de « magie ».

C’est une erreur car nous sommes pris, comme englués, dans un univers de causes et d’effets si dense, au cœur de tant de phénomènes d’action et de réaction, qu’il est vain de vouloir modifier le cours des choses.

Pour prendre une image, nous sommes comme une abeille engluée dans un pot de mélasse et qui se débat ; ou encore, comme une bactérie au milieu de l’océan, assaillie de toute part par l’agitation des molécules d’eau et qui se demande comment modifier sa situation.

 
Les Univers parallèles
 
Bien entendu, nous pouvons agir sur notre univers et c’est bien ce que nous faisons chaque jour ; mais c’est au prix d’une intense activité et d’efforts innombrables. Celui qui veut une voiture doit l’acheter, donc gagner de l’argent, donc travailler.

Pour modifier le monde qui nous entoure nous sommes contraints à nous agiter au rythme du monde, contraints d’accomplir tout un tas d’actions physiques, motrices, langagières. Nous devons nous déplacer, déplacer des choses, parler et convaincre, séduire. L’idée d’une action magique sur un tel univers de causes embrouillées est proprement irréaliste, car même à ce niveau des influences occultes les forces en présence sont bien trop grandes.

Des milliards de volontés s’affrontent en permanence dans l’éther et la résultante globale de tous ces affrontements est une immobilité, une résistance énorme des choses. Il ne faut pas chercher plus loin la raison de l’échec constant (ou de la rareté du succès) des actes de magie, de prière : l’action, le changement dans notre univers sont pratiquement impossibles et lorsqu’ils sont possibles, c’est soit au prix d’une dépense d’énergie considérable (qui anéantit par contrecoup le plaisir auquel on a abouti), soit par des conjonctions obscures de causes qui rendent pratiquement immaîtrisable le processus de transformation. Ce que nous avons découvert est que si nous ne pouvons pratiquement pas changer notre univers… nous pouvons changer d’univers !

Tout comme pour la magie, la conception d’univers parallèles remonte loin dans la connaissance humaine. De tout temps les hommes ont senti intuitivement qu’il existe d’autres univers, d’autres mondes que le monde de la vie quotidienne. Ils ont décrit ces mondes parallèles comme le séjour des esprits, des dieux, que l’on touche en rêve (ou à l’aide des drogues et des transes), ou encore comme le monde des morts. Ils ont imaginé le paradis, l’enfer, des univers infernaux où les méchants seraient punis, d’autres merveilleux où les justes seraient récompensés.

Des univers « au-delà » où l’on pourrait retrouver ceux que l’on aime, où tous nos désirs seraient satisfaits, où nous serions pleinement heureux. A ces visions poétiques et enfantines doivent être ajoutées les conceptions plus philosophiques des univers parallèles. De tous temps les philosophes ont conçu des théories concernant les univers parallèles. De nombreux écrivains de science-fiction ont exploité ce filon imaginaire des univers décalés dans le temps ou dans l’espace, dans d’autres « dimensions ». Finalement, la science moderne elle-même vient apporter de l’eau au moulin des univers parallèles.

A côté de la théorie classique du big bang, prennent place des théories non moins sérieuses concernant une multiplicité de big bangs. Même les phénomènes de type « OVNI », n’échappent pas à cette conception d’un multivers et devant les difficultés posés par les voyages intergalactiques, du fait des distances incommensurables et des limites de la vitesse de la lumière, nombre d’ufologistes songent à des déplacements entre univers parallèles. La théorie des univers parallèles la plus évidente est celle que l’on pourrait appeler de l’omni-possibilité (G. W. Leibniz) : puisque rien ne vient limiter le possible des choses, il est logique de songer que tout est possible et qu’il existerait de ce fait une multiplicité d’univers, un pour chaque possible. Ces univers coexisteraient dans des espaces-temps parallèles et il deviendrait dès lors possible de « voyager » d’un univers à un autre et de découvrir ainsi d’autres chaînes causales.

Par exemple, si dans cet univers vous êtes mariés à une femme acariâtre et que vous possédez une voiture rouge, dans un autre univers, très proche causalement et parallèle à celui-ci, vous pourriez avoir épousé une femme plus sympathique, ou ne vous être pas du tout marié et posséder une voiture bleue. En fait, à chaque instant, des univers différents se formeraient selon toutes les diverses possibilités causales et logiques : il existe un univers où vous tournez la page de ce livre et un autre où vous refermez le livre, un autre où vous lisez un tout autre livre, et ainsi de suite…

Si l’on considère les choses au niveau des particules fondamentales constituant la matière, le modèle d’une multiplicité d’univers parallèles signifie qu’une particule allant d’un point A vers un point B ne passera pas par un seul chemin, mais par une multiplicité de chemins. Ou encore, qu’une particule, ou un atome, pourront posséder en même temps plusieurs états différents. Les recherches actuelles au niveau de la physique quantique nous confirment dans l’idée que des particules, ou des ondes, peuvent se trouver en même temps dans deux états différents au même moment. Récemment, le paradoxe du chat de Schrödinger vient de trouver sa solution.

La suite demain…

Extrait de « Changer d’Univers, Méditation et physique quantique » de Lama Darjeeling Rinpoché.

Commentaires

  1. Et bien ce n’est pas si simple ? Je n’y comprends rien…. Est-ce que nous pouvons être à deux endroits en même temps…? Est-ce qu’il s’agit d’une autre dimension ? Expliquer moi ?

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