Les six cuirasses (partie 2)

La troisième cuirasse est l’illusion de croire qu’il nous manque quelque chose, que nous ne sommes pas la totalité. C’est cette illusion qui nous pousse à rechercher une voie, un enseignement, une pratique, des réalisations progressives. C’est elle qui nous pousse hors du Soi. C’est elle qui nous rend malheureux, qui nous fait rechercher sans cesse de nouveaux objets de complétude.

Vivrions-nous cent mille ans, nous ne parviendrions jamais au bout de notre quête. Il nous manquerait toujours quelque chose. Sachant cela, le Maître invite le disciple à cesser toute recherche extérieure. Aucune route ne mène au Soi, rien ne peut rouvrir la Conscience tant que ne réalisons pas que nous avons tout en nous.

Le vrai Maître tantrique, ce n’est pas moi, ni nul autre, c’est le Soi. Il n’y a rien à trouver au dehors. Tout le divin que nous cherchons au –dehors est en nous. Réaliser cela c’est trouver la liberté.

 
Les six cuirasses
 

La quatrième cuirasse est l’illusion de croire que notre pouvoir de connaissance, que notre pouvoir d’appréhender l’absolu, est limité. Nous nous torturons, nous souhaitons connaître l’expérience de l’éveil. Nous regardons les Maîtres, nous implorons leur grâce, nous attendons que les Dieux nous aident et ils nous regardent sans comprendre, car pour eux, nous sommes divins, rien ne nous manque, aussi ne peuvent-ils rien faire pour nous.

Nous sommes comme un Maharaja qui posséderait des terres illimitées et longerait la muraille qui entoure ses palais en se prenant pour un mendiant. Personne ne lui donnerait à manger de peur de l’insulter ou d’être puni. Nous avons une telle soif de connaissance que notre force de connaissance nous trompe, elle se jette vers l’extérieur et nous berce dans l’illusion que nous allons trouver ce qui nous manque.

La connaissance divine ne procède pas par accumulation. Plus on entasse de savoir et d’expériences plus on paralyse sa Conscience. Abandonnons ce savoir, il ne mène qu’à nous gonfler d’orgueil. Lorsque je dis que l’intelligence n’est pas la voie, je ne dis pas qu’il faut rejeter l’intelligence, je dis simplement : l’intelligence qui s’accomplit est celle qui n’est pas sollicitée. Alors, dans la tranquillité, elle brille comme un diamant. Retournons simplement à la source de notre Conscience et c’est là que nous trouverons le trésor que nous cherchions à l’extérieur. Il suffit de s’asseoir, d’oublier livres et discours, de diriger le regard vers le Cœur. Là se trouve le divin, là se trouve le lieu de la respiration où nos souffles se mêlent naturellement. L’infini n’est rien d’autre qu’une respiration harmonieuse délivrée de toute notion.

A suivre.

Librement inspiré de Daniel Odier, Tantra.

 


 

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