Les mots s’en vont…

Les mots s’en vont, se tirent d’Elle.

Pas tous les mots !
Seulement les mots en trop.
Ceux qui font tourner en rond telles des bribes abattues dévalant des sommets d’incertitudes.
Ceux qui attachent entre eux, comme des trombones pour se rappeler de la dernière misère du jour…dès fois que j’oublierais le fin mot de l’histoire ! Ah ah ah !
Et puis les autres.
Les mots spiritualisés glacés de sucre, les mots des autres, les jeux de mots.
Les mots-maux quoi !
Or moi, j’aurais voulu encore un peu du sucre brun perlant de leur rondeur,
En-corps un peu de salé saupoudrant leur profondeur,
Encore un peu d’acide pour enflammer la douceur,
De poivré et d’amer pour goûter leurs contrariantes passions ou d’épices pour envelopper le nu qui est là…
Ce NU…
NU…
Une seule et même immensité paisible, radieuse, pleine et vide de Tout.
Symphonie d’un Seul Silence non partagé,
D’un seul Baiser toujours aimé, toujours donné.

 
Les mots s’en vont…
 

Et, d’un puit sans bords ni fond, Noir comme un trou, jaillissent des formes comme autant de bulles joyeuses dans l’ivresse du champagne !
Ca bloubloute de partout !
Mais pas n’importe comment !
Mystérieuses suites maths-thématiques à l’infini…..
Des formes de toutes natures et des natures de formes se créées et se décréées : des Immenses comme des galaxies, des Brillantes comme des soleils, des Transparentes comme des éthers, des Colorées comme des terres, des Bleues comme des mers, des Noires profondes comme les secrètes abysses et des Blanches non encore révélées.
Respire….
Des Vertes comme l’herbe du printemps, des Majestueuses comme les montagnes, des liquides comme les larmes des torrents, des Aimantes comme les animaux et les oiseaux, des Rires comme les fleurs, des Prolixes comme les mots…..et tellement plus en-corps !!!
Et toujours au cœur de ça !
Immuable, solide, sublime, une insondable joie tranquille….
Mais, qui voit cela ?

 
Les mots s’en vont…
 

Un jour, je me suis enveloppée au sein d’une forme, juste pour « prendre le temps » d’en goûter la saveur.
Juste pour VOIR ce que ça fait d’être là. Moins Nue. Plus tout à fait Une.
Avec une peau et tout plein de cellules qui vibrent, dedans. Chacune d’elle me regardant et me sondant avec son petit œil d’intelligence infinie. J’entends leur cœur battre. C’est fou !
Je vois avec émerveillement qu’elles se nourrissent à la source de mes pensées. De toutes mes pensées ! Comme si j’étais leur reine ? Car attention, elles appliquent à la lettre les assignations prononcées !
C’est étrange, est-ce que je vais savoir me servir de ce truc ?
Et je suis la Pensée qui se déploie à l’infini des formes. Vibration sublime qui s’engouffre tel un torrent impétueux dans un précipité de substance et ensemence Tout de son Electrique Présence.
C’est simultané ! C’est Tout Là !
Silence…..le corps d’or… d’un rêve où se prépare d’autres gestations un-connues.
Les mots s’en vont à pas de loup et garou s’est apaisé. Les deux ne font plus qu’un. Il fallait bien qu’à un moment l’un cesse de hurler pour écouter l’autre !
Il s’en passe des choses improbables dans ce truc !
Souris….
C’est la Vie qui se goûte et qui célèbre la vie !

Et c’est Tout ce que Je Suis…..Tout ce que Nous Sommes…

Merci à Corinne pour ce texte.

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