Les centres intérieurs

L’homme est comme un cercle qui n’a pas de centre. Sa vie est superficielle, elle se déroule à la circonférence. Vous vivez à l’extérieur de vous-même. Jamais en vous. Vous ne pouvez pas vivre en vous si vous n’avez pas découvert le centre. Vous n’êtes pas « en vous », vous êtes « sans vous ». Quand nous parlons du centre, quand nous évoquons la manière d’entrer en soi, de se connaître, de pénétrer à l’intérieur, vous comprenez la signification des mots, mais vous ne pouvez pas « sentir » leur signification, parce que vous n’êtes pas en vous, vous ne l’avez jamais été.

Même lorsque vous êtes seul, en esprit, la foule vous entoure. Même seul, vous n’êtes pas en vous. Vous continuez à penser aux autres, vous restez orienté vers l’extérieur. Même pendant le sommeil vous rêvez des autres. Ce n’est que lors d’un profond sommeil, sans rêves, que vous « êtes en vous », mais à ce moment-là vous n’êtes pas conscient. Quand vous êtes conscient, vous n’êtes pas en vous, et, quand vous êtes en vous, vous êtes inconscient. Ainsi, votre conscience toute entière se compose uniquement d’images du monde extérieur. Ainsi, quand nous parlons du monde intérieur, de votre monde intérieur, vous comprenez les mots, mais vous ne ressentez pas leur signification, parce que, seule l’expérience peut vous en donner la signification véritable.

 
Les centres intérieurs
 

George Gurdjieff disait qu’un homme à lui seul était toute une foule. La personnalité n’est qu’une illusion, parce qu’à vous tout seul, vous êtes multiple. Quand l’une des personnes qui vous compose parle en vous, vous êtes momentanément au centre de cette personne. L’instant d’après vous êtes à un autre centre. Et, dans chaque situation, vous éprouvez une certitude sans jamais prendre conscience que vous n’êtes qu’un flot mouvant, qu’une vague après l’autre vous emporte autre part. C’est ainsi qu’au bout du compte, nombreux sont ceux qui auront l’impression que leur vie n’aura été qu’une perte de temps, une perpétuelle errance, sans but, sans signification.

La préoccupation fondamentale de la spiritualité, c’est la découverte du centre de soi. Le centre qui reste inébranlable, quelles que soient les situations. Alors le flux de la vie peut continuer, les vagues monter et descendre, vous restez au centre de vous-même, fixé, solide.

Il existe un amour au-delà de votre amour, et c’est cela que je suis venu vous dire.

Il est difficile de sentir cet amour parce qu’il émane de lui un grand silence, comme une absence. Quand le mental s’arrête, c’est un amour différent qui nait. Un amour qui n’a pas de contraire, d’opposé. Quand le mental cesse de fonctionner, les contraires s’harmonisent, forment un tout. Quand le mental est là, chaque chose possède son contraire, et le mental va de l’un à l’autre comme un pendule.

Ce sutra est merveilleux, il peut faire des miracles : « Oublieux du mental, restez au milieu, jusqu’à l’Eveil. »

Alors essayez. Et gardez ce sutra votre vie entière. Gardez-le en vous constamment. Quand vous marchez, quand vous mangez, quand vous êtes avec des amis, partout, tout le temps, restez au milieu. Essayez et vous sentirez un certain calme grandir en vous, une tranquillité, un apaisement. C’est un centre de calme qui croît en vous.

Même si vous ne parvenez pas à être exactement au milieu, essayez. Peu à peu, vous ressentirez ce que « milieu » veut dire. Quoi qu’il arrive, essayez de rester au milieu, tôt ou tard vous découvrirez le point exact.

Quand vous le rencontrerez, vous ne l’oublierez plus. Parce que ce point exact est au-delà de mental. Il représente l’aboutissement de toute la spiritualité.

Librement inspiré de Bhagwan Shree Rajneesh.

 


 

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