L’effet nocebo

A cheval sur deux mondes, il est parfois utile de comprendre comment fonctionne l’ancien pour mieux le comprendre et moins le juger. Je vais donc commencer par vous expliquer comment fonctionne un esprit vétérinaire à sa sortie de l’école.

Quand j’exerçais comme vétérinaire allopathe, j’éprouvais de la fierté quand j’avais posé un diagnostic, surtout quand il s’agissait d’un « cas compliqué ». Je me sentais un grand docteur qui contrôlait la situation et qui en plus pouvait se permettre d’annoncer un pronostic, en fonction des statistiques apprises à partir de chiffres fournis par notre formation universitaire pour chaque maladie. C’était mon niveau de conscience de l’époque, formaté par un : une bonne consultation, c’est établir un diagnostic, un pronostic et un traitement. Mon mental exultait.

 
L'effet nocebo
 

Aujourd’hui, j’accepte ce que j’ai été, la manière dont j’ai pratiqué qui était en adéquation avec mon niveau de conscience de l’époque mais j’ai totalement revu ma manière d’aborder la santé et la maladie. La vie est tellement plus simple ! La santé est tellement plus simple que ce qu’on nous a inculqué.

Combien d’animaux ai-je condamné à la mort par l’effet nocebo ? C’est à dire par ma croyance en un pronostic fatal ou défavorable, croyance que j’ai transmise à ses  « maîtres » par ma suffisance et le pouvoir de ma position sociale et qui s’est vérifié par le pouvoir de la pensée créatrice que j’avais moi-même induite.

Rien que le mot tumeur porte en lui tout son potentiel destructeur, à chaque fois qu’il est employé, il porte une condamnation à mort : tu meurs ! Dorénavant, quand j’entends parler de maladies, de symptômes, je m’efforce avant tout de choisir  le silence intérieur pour ne pas laisser libre cours à ce mental qui est très enthousiaste à l’idée de comprendre les processus physiologiques ou pathologiques mais pas du tout apte à entrer en résonance avec les véritables processus de guérison, qui ne font pas parti de son champ de conscience.

Il est bien évident que ce que j’écris ci-dessus ne s’applique pas à la médecine d’urgence. Quand les processus vitaux sont en jeu, ce n’est pas le temps de prendre du temps mais au contraire de mettre en œuvre tous les atouts de la médecine dite moderne et allopathe pour gérer cette crise majeure.

Aujourd’hui, j’ai acquis l’expérience que seul l’Amour guérit véritablement, c’est à dire le lien que l’on a établi avec les différentes parties de soi-même, avec les autres, avec notre environnement. Un lien d’acceptation, de gratitude, de conscience d’Unité avec tout ce qui vit.

En ce qui concerne la médecine vétérinaire, cela signifie qu’il me paraît impossible de guérir complètement, et pas seulement faire disparaître un symptôme, un animal, sans prendre en compte les liens systémiques qui le relie à sa famille humaine sur tous les plans, nourriture,  éducation, besoins émotionnels, désirs de son âme. Dans son immense amour inconditionnel, les maux dont il souffre sont souvent des miroirs qui viennent nous révéler nos propres difficultés non résolues et surtout non conscientisées encore.

Le temps est venu de reconnaître que les animaux sont nos compagnons de voyage et qu’il n’y a pas de « maîtres » juste des humains qui ont la responsabilité de partager du mieux possible leur vie avec les animaux qui ont choisi de passer du temps en leur compagnie, pour croître ensemble. Vu sous cet angle, chaque difficulté comportementale ou physique devient une opportunité d’apprendre, pour les deux protagonistes.
 


 

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