Le Temple de la Guérison

Le Temple de la Guérison était situé dans ce village. On prétend que depuis la fondation de ce temple, on n’y a exprimé que des paroles de vie, d’amour, et de paix. Les vibrations en sont tellement puissantes que la plupart des pèlerins sont instantanément guéris. On prétend aussi que les paroles de vie, d’amour, et de paix y ont été répétées tant de fois et qu’elles émanent du temple depuis si longtemps que leurs vibrations sont assez fortes pour annihiler toute parole d’inharmonie et d’imperfection qui viendrait à y être prononcée. Cela illustrerait ce qui se passe dans l’homme. Si l’on s’exerçait à n’envoyer que des messages de vie, d’amour, d’harmonie, et de perfection, on ne serait bientôt plus capable de prononcer un mot discordant. Nous essayâmes d’employer des mots désagréables, et constatâmes chaque fois que nous ne pouvions même pas les articuler.

Le temple était le but des pèlerins qui cherchaient à être guéris. Les Maîtres qui résident dans le voisinage ont l’habitude de se réunir à des intervalles déterminés dans ce village pour se consacrer à leurs dévotions et aux gens qui veulent profiter de cette occasion pour s’instruire. Le temple est entièrement dédié à la guérison et toujours ouvert au public. Comme le public ne peut pas toujours rencontrer les Maîtres, ceux-ci l’incitent à se rendre au temple à toute époque aux fins de guérison.

C’est pourquoi les Maîtres n’avaient pas dès l’abord guéri nos pèlerins. Ils les avaient accompagnés pour leur montrer qu’ils n’étaient pas différents d’eux et que chacun possède en soi les mêmes pouvoirs donnés par Dieu. En donnant l’exemple de la traversée de la rivière, je pense qu’ils avaient voulu démontrer aux pèlerins et à nous-mêmes leur faculté de triompher de toute difficulté et nous inciter à les imiter.

Dans les endroits d’où le temple est inaccessible, quiconque vient demander secours aux Maîtres en retire de grands bienfaits. Il y a aussi toujours de simples curieux et des incroyants qui ne reçoivent pas d’aide apparente. Nous assistâmes à plusieurs rassemblements de deux cents à deux mille personnes, où toutes celles qui désiraient être guéries le furent simplement en déclarant intérieurement qu’elles le désiraient. Nous eûmes l’occasion d’observer, à différentes époques, un très grand nombre de personnes ainsi guéries.

Dans 90 % des cas, les guérisons étaient durables, et pour celles effectuées dans le temple même, la proportion montait à 100 %.

 
Le Temple de la Guérison
 



On nous expliqua que le temple est une chose concrète située à un endroit déterminé. Il symbolise le centre divin, le Christ individuel. Toutes les églises devraient représenter le même symbole. Le temple est toujours accessible à ceux qui veulent y aller. On peut y aller aussi souvent et y rester aussi longtemps qu’on le désire. Un idéal se forme ainsi dans la pensée des visiteurs et se fixe dans leur esprit.

Émile dit : C’est ici qu’intervient la suggestion conduisant à l’idolâtrie du passé. Les hommes ont cherché à graver dans le bois, la pierre, l’or, l’argent, ou le bronze l’image de leur idéal. À peine l’image (l’idole) est-elle formée que l’idéal l’a dépassée. Il faut donc avoir la vision, aimer et idéaliser ce qui vient de l’intérieur de l’âme, et non donner une forme tangible nécessairement idolâtre à l’idéal que nous voulons exprimer. Un aspect plus récent de l’idolâtrie consiste à faire une idole de la personne qui exprime notre idéal. Or, il ne faut adorer que l’idéal exprimé et non la personnalité qui l’exprime. Jésus décida de s’en aller parce qu’il voyait que le peuple commençait à idolâtrer sa personne au lieu d’amer l’idéal qu’il représentait. On voulait faire de lui un roi. Le peuple ne voyait qu’une chose, c’est que Jésus pourvoyait à tous ses besoins matériels.

Personne ne reconnaissait avoir en soi-même la faculté de pourvoir à tous ses besoins. Personne ne voyait qu’il fallait se servir de ce pouvoir comme Jésus. Celui-ci dit alors : « Il est bon que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous. » En d’autres termes, tant que l’on se concentre sur la personne de Jésus, on ne reconnaît pas le pouvoir que l’on possède en soi-même.

Il faut absolument regarder à l’intérieur de soi-même. Si l’on compte sur l’autre, on en fait une idole au lieu d’exprimer son idéal.

Nous fûmes témoins de guérisons extraordinaires. Il suffisait à certains malades de traverser le temple pour être guéris. D’autres y passaient un temps considérable.

Personne n’officiait jamais. Il était, paraît-il, inutile d’officier puisque les vibrations de la Parole vivante étaient si efficaces dans le temple que toute personne entrant dans sa zone d’influence en ressentait les bienfaits. Nous vîmes apporter un homme atteint d’acromégalie. Ses soudures osseuses furent complètement guéries au bout d’une heure, et il put se remettre à marcher. Il travailla ensuite quatre mois pour notre expédition. Un autre avait perdu tous les doigts d’une main et les vit repousser. Un petit enfant au corps difforme et aux membres paralysés fut guéri instantanément et courut hors du temple. Des cas de lèpre, de cécité, de surdité, et bien d’autres furent guéris. Nous eûmes l’occasion d’en observer un assez grand nombre deux ou trois ans plus tard. Leur guérison subsistait. Quand elle n’était que temporaire, c’était, nous dit-on, à cause du manque de véritable, vision spirituelle.

Extrait de « La vie des maîtres », Baird Tomas Spalding


 

Laisser un commentaire