L’appel

L’être humain gémit dans les ténèbres. Je le vois comme un logis où ne luit plus la moindre flamme, comme une maison perdue dans le brouillard. Quelque chose s’est éteint en lui. Pourtant, le feu peut rejaillir des cendres. Comme un bateau en perdition, l’homme a oublié sa destination, il ne sait plus que faire. Cependant, la connaissance étouffée peut être ranimée dans son âme.

Il ne faut pas désespérer. Plus la nuit est profonde, plus l’aube est proche. Le monde connaîtra une résurgence spirituelle, un nouveau type d’être humain va éclore et nous assistons aux douleurs de sa mise au monde. Ce regain spirituel ne se produira qu’à travers nous. Plus personne ne peut se cantonner dans le rôle de badaud, car nous devons accoucher de nous-mêmes, la renaissance doit avoir lieu en chacun de nous.

 
L’appel
 

 

 

Le soleil du cœur ne se lèvera que si nous nous remplissons de lumière, cette responsabilité nous incombe. Nous sommes tous les éléments de l’édifice de demain, nous sommes les rayons de l’astre qui va se manifester. Chaque homme, chaque femme est un créateur, une créatrice. Mais parler du futur est déjà erroné. C’est le présent qu’il s’agit de revivifier et c’est notre propre être que nous devons engendrer. Comment créer une humanité si nous ne sortons pas d’abord nous-mêmes de notre état incertain ? L’individu est la base de la société, c’est par lui que s’opèrent toute évolution et toute révolution.

Voilà pourquoi je vous lance un appel. Eveillez-vous, je vous en prie. Pourquoi n’osez-vous pas avouer que votre vie est morne, absurde, ennuyeuse ? Elle n’a plus de saveur et il ne peut qu’en être ainsi. Toute joie profonde est interdite au cœur déstabilisé, inquiet. D’où vient ce sentiment à la fois de futilité et d’accablement, alors que la vie est une source infinie de plénitude ? Vous êtes perdus, désorientés. Végéter, exister physiquement sans plus n’est pas vivre, mais attendre la mort. Comment ne pas être mal à l’aise ? Comment se réjouir d’exister ?

Je le répète : il est possible d’échapper au cauchemar que vous prenez pour la réalité. La voie est là, devant vous, elle ne s’est jamais effacée. Elle mène de l’opacité à la clarté, elle est éternelle. C’est vous qui lui tournez le dos. Elle s’appelle dharma, religion authentique. Elle est le feu qui revivifie l’âtre, le phare de l’esquif livré aux tempêtes. Mahavira, le maître jaïn, a dit que la religion vraie est l’ancre, le destin, le refuge, le seul havre de l’homme pris dans la tourmente du monde, de la maladie et de la mort.

Avez-vous la nostalgie d’une vie débordante de joie et d’amour ? Aspirez-vous à la vérité qui confère l’immortalité ? Alors, venez, acceptez mon invitation. Ce n’est pas un grand secret: il suffit que vous ouvriez les yeux. Vous découvrirez un univers insoupçonné. Ouvrir les yeux. Vous éveiller. Regarder, rien de plus. Rien n’est vraiment détruit en l’homme et il n’a pas réellement perdu la boussole. Mais parce qu’il refuse de «voir», il se croit entouré d’ombres menaçantes. En se voilant la face, il perd tout et devient un indigent. S’il ouvrait les yeux, il se découvrirait empereur. Vous croyez êtres déchus ? Je vous enjoins à recouvrer votre majesté, à sortir de votre mauvais rêve. Votre défaite peut s’avérer victoire, votre chute résurrection, votre mort vie éternelle. Laissez-moi vous aider.

Mais avant tout, acceptez mon amour. C’est tout ce que j’ai à vous offrir en ces collines paisibles. Je souhaite partager ce que le divin a déversé en moi. Je veux tout vous donner. Plus je puis vous donner, plus je reçois ! N’est-ce pas merveilleux ? La vraie richesse augmente avec le partage. Celle qui diminue lorsqu’on la répand n’est pas du tout un trésor. L’amour engendre l’amour et la haine suscite la haine. Nous recevons toujours la monnaie de notre pièce. C’est une loi absolue. Retenez que vous devez donner ce que vous désirez recevoir. N’espérez pas obtenir du jasmin en échange de vos orties.

Des bouquets d’amour et de paix fleurissent ici devant moi, j’en suis extrêmement touché. Vous êtes tous tellement différents et voici que la voix de l’âme vous rend un. Les corps sont et resteront séparés, mais quelque chose les transcende et unit les êtres humains : l’amour. Sans cette union, rien ne peut être dit, rien ne peut être entendu. La communication est absolument impossible si ce n’est dans l’amour. Je ne puis vous parler et vous ne pouvez m’écouter qu’à cette condition. Votre cœur doit s’ouvrir. Sachez que votre tête ne comprend jamais rien, seul le cœur en est capable. Votre cerveau est obtus. De même, seules les paroles issues du cœur ont un sens, un parfum vivant. Celles que dicte l’intellect sont aussi insipides que les fleurs artificielles.

Je vous ouvre mon cœur, laissez-moi entrer dans le vôtre afin que la rencontre et la fusion aient lieu. Alors, ce qui dépasse de très loin les mots se fraiera un chemin entre nous. Beaucoup de choses inaudibles se font entendre ainsi et tout ce qui est écrit entre les lignes peut être perçu de cette manière. Les mots sont tragiquement insuffisants, mais si vous prêtez l’oreille en silence, le mental en paix, ils vous parleront avec force. C’est cela, écouter avec le cœur.

Osho


 

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