La Vérité

Pour connaître la vérité, abstenez-vous de toute théorie la concernant. Soyez innocents, impartiaux, indépendants. La vérité se déverse comme une manne céleste sur celui qui n’a aucune notion à son sujet, pas la moindre expectative. Sachez qu’il ne faut pas vous efforcer de comprendre la vérité, mais de sortir de vos rêves, de vos fantasmes, de vos catéchismes.

Qu’est-ce que c’est, «réaliser la vérité ? La fin des hallucinations, la délivrance qui vous montre le réel. Vous rêvez. Vous ne voyez pas ce qui est là.

La vérité existe parce qu’elle ne peut pas faire autrement. Que vous la connaissiez ou non, elle est. Vous n’existez pas, vous êtes votre propre élucubration. Ne cherchez donc pas la vérité, devenez vous-mêmes authentiques. N’espérez pas réussir en vous racontant des histoires, en vous berçant de contes de fées. Eveillez-vous.

 
La Vérité
 

Aucune mise en scène n’est nécessaire, seulement la vision, l’expérience directe. L’esprit libéré des brumes du sommeil voit enfin le réel. Vous appréhendez le monde lorsque votre conscience se fragmente en se tournant vers ce qui n’est pas elle et se trouve en état de dualité, de «mental».

Vous percevez la vérité lorsque votre conscience n’est plus divisée et repose dans son unité originelle. Toutes les opinions, toutes les croyances sont des conjectures, des barrières, des freins. Jamais la vérité ne sera découverte par cette voie.

Je vous en prie, ne pensez rien dans le domaine de la vérité. Vous deviendriez fous, convaincus que vos délires sont la réalité. Un esprit ignorant ne peut rien concevoir de vrai. Ne pensez pas à ce que la vérité peut être, vous ne le saurez jamais. Vous êtes aveugles, ne l’oubliez pas. Vous êtes incapables de voir et tout ce que vous pensez sera toujours faux. Vous ne percevez même pas la nuit dans laquelle vous vous trouvez. Comment pourriez-vous appréhender le jour ? Guérissez !

Réfléchir ne vous rétablira pas, parler de la lumière divine ne vous rendra pas la vue. Or, c’est ce que vous faites : vous pensez, vous parlez sans jamais entamer le traitement salvateur. C’est étonnant ! Ceux qui commentent le plus la vérité sont les moins pressés de la découvrir. S’ils la connaissaient, ils se tairaient. Ou alors ils parleraient de la restauration de la vue. Car dès que vous avez des yeux pour voir, vous voyez.

Les termes «vision» et «lumière» peuvent vous fourvoyer. S’ils vous incitent à raisonner, vous parcourrez de grandes distances sans parvenir à aucune destination, vous tirerez d’innombrables conclusions dont pas une ne résoudra vos problèmes. Les phrases au sujet de l’eau, même les plus savantes ou les plus poétiques, n’étancheront pas votre soif.

La voie, la sadhana n’est pas une affaire d’érudition, mais de guérison. Penser à la lumière est une démarche philosophique ou théologique. Voir la lumière est religion. La raison vous procure un bagage intellectuel. La sadhana vous donne la vision spirituelle, vous permet de vivre le divin. La première décrit l’eau. La deuxième vous désaltère. La première soulève des questions. La deuxième procure les réponses.

Voulez-vous qu’on vous communique la formule de l’eau ou bien voulez-vous boire ? Etes-vous attirés par les informations ou bien aspirez-vous à la connaissance ?

L’intellect vous rend de plus en plus compliqués et dilate continuellement votre «je». C’est pour cela que vous êtes avides d’informations, de savoir. La sadhana vous rend de plus en plus simples, innocents. Et la connaissance ultime de soi dégonfle totalement la baudruche de l’ego, elle vous «tue». Les possessions de tous ordres, y compris mentales, ravitaillent votre personnage social, ce qui explique pourquoi ce dernier en réclame toujours davantage.

Les pensées sont aussi des acquisitions particulièrement insidieuses. Elles entretiennent et nourrissent l’ego d’une façon très subtile avec une impunité qui fait leur force. L’arrogante hypocrisie des bien-pensants, comme celle des gens de bien, n’est pas accidentelle, elle est la conséquence naturelle de la pensée («Je pense donc je suis»).

A l’origine, votre esprit n’est pas contaminé. Vous naissez purs. Par la suite, les pensées qui fourmillent dans le monde s’introduisent et s’incrustent dans votre crâne. L’âme ne pense pas, elle est. Les idées l’entourent et si vous vous y attachez, elles forment finalement une sorte de muraille qui engonce votre conscience. L’aveugle peut recevoir de l’extérieur des indications sur la lumière, mais la perception de la lumière, la sensation de voir ne peut venir que de l’intérieur. Apprendre est acquisition. Vivre est énergie. L’information est puisée en périphérie. L’élan vital surgit du cœur profond.

Osho

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