La naissance, un heureux évènement ?

Je vous présente ci-dessous une nouvelle écrite par Claude Bourgeyx : « Lucien ». Elle a été étudiée au collège il y plusieurs années par un de mes fils. Elle m’est revenue en mémoire suite à des prises de conscience récentes au sujet de la naissance, telle qu’elle a été vécu pour la majorité d’entre nous. Bien que des précurseurs tels que Michel Odent et le Dr leboyer aient fait de leur mieux pour accueillir les enfants, sans violence dans l’amour et la douceur et que de nombreux parents aujourd’hui font également ce choix, il n’en reste pas moins que ce n’est pas ce que nous avons vécu pour la majorité des adultes que nous sommes.

Sortis aveuglés par la lumière des scialytiques et passant d’un milieu chaud, douillet, à un milieu froid aux bruits assourdissants, il n’est pas étonnant qu’un tel traitement aient fait de nous des sujets poltrons face à l’inconnu. Si aujourd’hui, nous avons peur de notre propre Lumière c’est parce que cette lumière intérieure, divine, nous l’avons refoulée dès notre premier souffle. Ensuite, nous avons subi des prises de sang et surtout des vaccins.

 
La naissance, un heureux évènement ?
 

Sur le plan symbolique, il nous été injecté un corps étranger avec douleur, sans notre consentement. La notion d’impuissance et de faiblesse est venue s’engrammer dans notre psyché. Ce corps étranger est venu prendre place dans notre système immunitaire, lui signifiant son incompétence à gérer seul les défis qu’il serait amené à rencontrer. C’est le début de la perte de confiance en nos capacités intrinsèques de rester en bonne santé. Bien d’autres volets sont dysfonctionnels dans l’accueil médicalisé des bébés, coupure du cordon ombilical trop rapidement après la naissance, séparation de la mère et de l’enfant, couches toxiques, laits maternisés aux ingrédients douteux, banalisation du sucre dans des tisanes.

Ce jour, j’ai juste envie de partager ce petit rappel avec vous, pour nous aider, tous ensemble, à nous souvenir que beaucoup de nos maux ne sont pas imputables à nos parents mais à une société qui a banalisée la violence jusque dans les salles d’accouchement. Bien sûr, cette société est une partie de nous-mêmes et vient nous révéler les parties que nous avons encore à guérir, en transmutant toute dualité en nous… C’est un autre sujet !

Et n’oublions pas, comme le dit notre ami Aziz, (alias Pr El Amrani Jouatey, créateur de l’approche matricielle), « ce n’est pas la vie qui est l’antagoniste de la mort mais la naissance. Ces deux événements font partie de la dualité mais la vie, elle, est éternelle ».

Caroline

 

Lucien, une nouvelle de Claude Bourgeyx

Lucien était douillettement recroquevillé sur lui-même. C’était sa position favorite. Il ne s’était jamais senti aussi détendu, heureux de vivre. Son corps était au repos, léger, presque aérien. Il se sentait flotter. Pourtant il n’avait absorbé aucune drogue pour accéder à cette sorte de béatitude. Lucien était calme et serein naturellement ; bien dans sa peau, comme on dit. Un bonheur égoïste, somme toute.

La nuit même, le malheureux fut réveillé par des douleurs épouvantables. Il était pris dans un étau, broyé par les mâchoires féroces de quelque fléau. Quel était ce mal qui lui fondait dessus ? Et pourquoi sur lui plutôt que sur un autre ? Quelle punition lui était donc infligée ? « C’est la fin », se dit-il. Il s’abandonna à la souffrance en fermant les yeux, incapable de résister à ce flot qui le submergeait, l’entraînant loin des rivages familiers. Il n’avait plus la force de bouger. Un carcan l’emprisonnait de la tête aux pieds. Il se sentait emporté vers un territoire inconnu qui l’effrayait déjà.

Il crut entendre une musique abyssale. Sa résistance faiblissait. Le néant l’attirait. Un sentiment de solitude l’envahit. Il était seul dans son épreuve. Personne pour l’aider. Il devrait franchir le passage en solitaire. Pas moyen de faire autrement. « C’est la fin », se répéta-t-il. La douleur finit par être si forte qu’il faillit perdre la raison. Et puis, soudain, ce fut comme si les mains de Dieu l’écartelaient. Une lumière intense l’aveugla. Ses poumons s’embrasèrent. Il poussa un cri.

En le tirant par les pieds, la sage-femme s’exclama, d’une voix tonitruante : « C’est un garçon ! ». Lucien était né.

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