La libération de soi

Que pourrait-il y avoir de plus naturel que la libération de soi ? Songez-y.
Si nous consacrons la moitié de notre vie à des moments qui représentent une fin naturelle, que faisons-nous ensuite de tout ce qui, dans notre vie, ne nous sert plus à rien ? La réponse ? Nous en débarrasser ! Sinon, nous risquons d’y laisser notre santé.

Imaginez un arbre qui s’identifierait tellement à son feuillage vert que, dès le premier frisson automnal, il déciderait de conserver tout ce qu’il possède déjà : « Après tout, se dirait-il, et si le printemps ne m’apportait rien d’aussi beau que ce que je possède déjà ? Pourquoi laisserais-je partir mon magnifique feuillage ? » Lorsque la neige arrive, l’arbre qui a voulu à tout prix conserver son feuillage commence à ployer et à se fendre sous le poids d’une charge que son tronc et ses branches n’ont pas été conçus pour supporter.

La morale de cette petite histoire est simple : nous n’avons pas été créés pour transporter le poids de la terre entière – tout notre vécu, tous nos souvenirs, tout notre passé – sur nos frêles épaules.
La libération représente la soupape de sécurité de l’univers. Elle fait partie d’un cycle naturel relié à un tout, dans lequel la fin signifie déjà le recommencement. Tout comme nous devons expirer l’air que nous avons dans les poumons avant d’inspirer l’air frais qui revitalise notre organisme, nous devons apprendre à nous débarrasser de tout ce qui met en danger la plénitude naturelle de notre Soi originel afin de lui permettre d’atteindre la satisfaction spirituelle à laquelle il a droit.
De quoi s’agit-il exactement ?

 
Se libérer de soi
 

Après tout, personne n’a envie de se débarrasser de quelque chose qui s’est révélé satisfaisant ! Ce dont nous devrions nous libérer, c’est de ce qui ne nous convient plus : des relations déplaisantes ou perturbatrices, un passé douloureux, un futur angoissant, toute forme d’asservissement, de récents événements désagréables, ainsi que tous les sentiments et pensées que suscitent ces aspects déplaisants, dont nous n’avons plus la moindre envie.

En vérité, ces problèmes sont inséparables de la condition humaine. Tous, nous connaissons le désir de nous libérer. Mais pour la majorité d’entre nous, le désir et sa concrétisation se trouvent encore à des années-lumière l’un de l’autre. Pourtant, il est possible de combler ce gouffre, une fois pour toutes, dès que nous aurons compris que tout ce qui nous sépare de notre intention de nous libérer, ce sont ces idées faussées que nous transportons avec nous sur la nature de ce qui pèse sur nos épaules. C’est pourquoi nous devrions faire encore de gros progrès dans la connaissance de soi.

Par exemple, aucun poids pris séparément – événement, relation, pensée, sentiment, regret, etc. – n’est suffisant pour nous faire ployer. Le problème est ailleurs et cela explique peut-être un profond mystère. Pourquoi ne parvenons-nous pas à nous libérer une fois pour toutes, en dépit de tout ce que
nous faisons dans notre vie quotidienne pour nous débarrasser de telle situation, de telle ou telle personne, de telle ou telle condition désagréable ?

Voici la réponse.
Le processus de libération commence à l’intérieur. Le cas échéant, il peut se poursuivre par un acte extérieur. Après tout, qu’est-ce qui nous enchaîne, sinon notre incapacité de discerner le besoin inconscient d’entretenir ou de nouer des relations douloureuses ? Cette découverte nous aide à comprendre pourquoi personne ne peut voir la lumière à notre place. Ce n’est pas en abandonnant d’une main ce que nous retenons de l’autre que nous parviendrons à nous libérer ! C’est pourquoi tout enseignement spirituel véritable a un double objectif :

1) nous révéler que nulle situation n’existe à l’exception de la conscience responsable de sa création.

2) illuminer de cette connaissance supérieure de soi les recoins encore sombres de notre conscience, afin que nous ne commettions plus l’erreur de nous raccrocher à ce qui pourrait compromettre notre intégrité.
 
Librement inspiré de Vivre et lâcher prise, Guy Finley

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