Il y a à la fois des désirs sains et des désirs malsains

Sache la différence. Trouve ensuite la liberté au milieu d’eux.

Comment devons-nous mettre en application ce principe ? Les bouddhistes relient la racine du désir au facteur mental appelé la volonté de faire. Elle fait partie de l’énergie de vie. Quand la volonté d’accomplir est orientée de façons saines, cela conduit à des désirs sains. Quand elle se tourne vers des modes malsains, cela produit des désirs malsains. La description traditionnelle des désirs malsains inclut l’avidité, l’addiction, le débordement, l’ambition, la passion pour le jeu, pour les femmes, l’avarice. Un désir malsain donne naissance à la possessivité, à l’égocentrisme, à l’insatisfaction, à la compulsion, à l’indignité, à l’insatiabilité et à d’autres formes de souffrances similaires.

Les désirs sains nous permettent de nous nourrir, de nous vêtir et de prendre soin de nous-mêmes, de veiller sur notre corps et nos enfants, de développer notre travail et notre communauté. Ils sont associés à l’attention, l’appréciation et l’amour bienveillant. Cela saute aux yeux lorsqu’on observe dans les pays bouddhistes le lien sain et attentionné qui existe entre parents et enfants. Ces derniers, qu’ils soient thaïs, tibétains ou sri-lankais, se tiennent sur les genoux de tous, le visage rayonnant, avec un air espiègle qui n’est pas inhibé, pleins d’amour pour la vie. Pour nous tous, ces mêmes désirs sains donnent naissance au dévouement, à la constance, à l’esprit d’équipe, à la bienveillance, à la générosité et à la flexibilité. Ce sont les sources du bonheur.

 
Il y a à la fois des désirs sains et des désirs malsains
 

Au-delà du désir sain, la psychologie bouddhiste décrit une liberté qui demeure étrangère à notre compréhension culturelle et que pourtant nous connaissons tous. C’est le lieu de la liberté intérieure, où le caractère collant et accrocheur du désir a disparu, où nous pouvons agir sans pour autant être prisonniers du désir. C’est comme si nous souhaitions désespérément acheter une maison, et qu’elle nous échappe parce que quelqu’un d’autre en propose un prix plus élevé. Nous laissons tomber puis, deux semaines plus tard, l’agent immobilier nous appelle pour nous dire que l’autre offre ne s’est pas concrétisée et que nous pouvons avoir la maison. Maintenant qu’il n’y a plus de compulsion, nous allons reconsidérer la chose. La voulons-nous réellement ? Cette demeure répond-elle aux besoins de notre famille ? Pour finir, il se peut que nous choisissions de l’acheter et de la meubler. Mais nous faisons cela plus librement, sans inquiétude ni pression. Cela paraît tellement mieux. C’est cela l’aptitude à pénétrer dans le monde du désir, sans saisie, de manière légère et libre.

Voici une aide pour clarifier la compréhension bouddhiste du désir :

La volonté de faire : un étant mental neutre, une expression de l’énergie vitale présente en toute activité.

Désir malsain : Crée la souffrance, basé sur l’avidité et l’ignorance, donne naissance à la possessivité, la peur, l’avarice et l’attachement.

Désir sain : Crée le bonheur, basé sur la sagesse et la compassion, donne naissance à l’attention, l’esprit d’équipe, la générosité, l’intégrité, l’évolution spirituelle.

Liberté et abondance au-delà du désir : Apporte la gaieté et l’aisance dans le monde du désir.

Librement inspiré de Bouddha, Mode d’emploi d’une révolution intérieure, Jack Kornfield.

 


 

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