Générosité

Il était une fois un maître qui avait la réputation d’être un saint homme, particulièrement généreux. Un jour qu’il se promenait dans le jardin de son amphitryon, il observa un serviteur qui venait de recevoir son assiette de nourriture quotidienne et un morceau de pain. Un chien s’approcha, qui rôdait en flairant de-ci de-là. Le serviteur lui donna un bout de son pain. L’animal le dévora avec avidité. Alors l’homme fini par lui donner ce qu’il y avait dans son assiette et qui constituait sa ration pour toute la journée. Le maître se rapprocha du serviteur et lui demanda :
Quelle est ta ration journalière ?
« Celle que je viens de donner au chien, monsieur, répondit l’homme.
Et pourquoi ne l’as-tu pas mangée au lieu de la donner au chien ?
Parce que l’animal vient d’ailleurs, c’est un visiteur. Comme je lui dois hospitalité et que j’ai pensé qu’il avait faim, je lui ai donné le pain.
Le maître lui demanda encore :
Et pourquoi aussi l’assiette avec tout ton repas ?
Le serviteur répondit :
C’est très simple : parce qu’il avait encore faim. »
De ce jour, le maître demanda à tous de ne plus jamais le qualifier de généreux.
 
 
Générosité

R.A. Calle
 
Réflexion

La plus belle et la plus féconde expression de la générosité, ce n’est pas de donner le superflu, bien au contraire, c’est de donner ce dont nous avons le plus besoin. Toutes les inégalités de ce monde disparaîtraient si l’on pratiquait la générosité, ce genre de compassion et de bienveillance authentique. Nyanaponika Thera a écrit : « Le monde souffre, mais la plus grande partie des gens ont les yeux fermés et les oreilles bouchées. Ils ne voient pas le fleuve de larmes qui coule sans cesse ; ils n’entendent pas les cris de douleur dont le monde est saturé. Leurs peines et leurs joies minuscules obscurcissent leur vision et étouffent leur audition. A cause de l’égoïsme, leurs cœurs sont devenus durs et insensibles et, par conséquent, comment pourraient-ils réagir face à un objectif plus élevé ? Comment pourraient-ils se rendre compte que la seule voie pour se libérer de toute souffrance est de se libérer de leur égoïsme ? »

La plupart des personnes sont si avides qu’elles ne consacrent même pas une minute de leur temps aux autres et qu’elles sont absolument incapables de partager  quoi que ce soit. Le fait qu’elles soient égoïstes et cupides leur fait perdre l’opportunité, et donc le plaisir, de donner et de partager. La personne qui devrait être reconnaissante, c’est celle qui donne, comme l’affirmaient les anciens sages orientaux, car elle a eu l’occasion de développer sa compassion et d’ouvrir son cœur à travers ce don. Un esprit guidé par l’avidité entachera toujours ses mots et ses actions de marques horribles et misérables, celles de la convoitise, tandis qu’un esprit guidé par la générosité les enrichira de bienveillance et de tendresse.

 


 

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