Une foule en silence

C’est en flânant dans les rues de Paris que j’ai vécu un moment magique.

A quelques dizaines de mètres j’aperçois une foule rassemblée sur la place devant le bâtiment de la Comédie Française.

Les personnes sont en mouvement, leurs visages sont expressifs, mais je n’entends rien… ou plutôt pas le brouhaha habituel d’un rassemblement.
Une impression irréelle, comme si le son avait été coupé, ou presque.

Au fur et à mesure que je m’approche, je comprends, puis je lis sur un bandeau « 1er mur du son », ces personnes sont des sourds-muets qui se sont fixé rendez-vous.

La belle énergie qui se dégageait de ce rassemblement silencieux, émanait des gens qui étaient heureux de se rencontrer et de faire connaissance. Une belle matière à réflexion pour ceux qui n’ont pas de handicap. Quand avez-vous la dernière fois communiqué avec une foule de personnes, dans la joie et le partage ?

Une foule en silence

Voici une courte vidéo de la rencontre des sourds-muets.
Samedi 28 septembre, rue Saint-Honoré, devant la Comédie Française.

Cette rencontre me permet d’écrire un 2e sujet dans cet article.

J’ai passé ma journée à continuer à flâner, en recherchant volontairement le regard des passants.
J’étais en paix, souriant, sans attente, si ce n’est mon ouverture à un bref échange de regards complices.

Personne ne m’a répondu. Les très rares regards que j’ai croisés étaient perdus ou fuyants. Ce n’est pas une découverte, simplement un constat de plus, de l’individualité, du renfermement sur soi, du manque d’amour (ou d’incapacité à l’exprimer) pour son prochain.

J’aime toutes les personnes que j’ai croisées, je vois qu’elles sont prisonnières de leur mental, et j’ai de la compassion.
Puissent-elles un jour découvrir la Conscience et sourire à la Vie.
 

Commentaires

  1. Cette foule de sourds-muets en silence, mais en totale communication pourtant, me rappelle une personne que je nomme “mon petit soleil de la rue”, qui est le balayeur de rue de notre quartier et qui est sourd-muet. Le service ce nettoyage des rues de notre commune n’est quasiment composé que de personnes handicapées, ce que je trouve une très bonne initiative, humaine d’une part et écologique d’autre part, car les souffleurs de feuilles thermiques ont souvent remplacé les balayeurs dans certaines communes et c’est une calamité pour la pollution sonore et auditive.
    J’ai tout de suite été attirée par le rayonnement qui se dégage de cette belle personne sourde et muette, qui n’a pas les yeux rivés sur son balai mais souvent le nez en l’air à regarder autour de lui et faire des signes aux passants… qui le lui répondent bien car je vois souvent des personnes (surtout des femmes d’ailleurs !) “discuter” avec lui.
    Ses yeux sont comme les reflets du soleil (d’où le “surnom” que je lui ai donné) et il éclaire tout autour de lui. Il me fait de grands signes dès qu’il m’apperçoit au loin et retire ses gants pour me faire la bise.
    Nous n’avons pas la même façon de communiquer mais on en dit tellement à travers les regards et la gentillesse n’est-ce pas ! Cela contraste avec beaucoup de passants que je croise le regard éteint…

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