Être léger pour son entourage

Quand on est troublé, irrité ou malheureux, que fait-on ? Au lieu d’essayer de s’apaiser, de s’assagir, de se maîtriser, on court chez les voisins ou les amis, ou bien on prend le téléphone et on se met à leur étaler tout ce qui ne va pas. Une fois que c’est terminé, on est content, on est soulagé, on se sent mieux ! Eh oui, mais on ne se rend pas compte qu’en agissant ainsi, c’est comme si on laissait des tas de saletés chez ces personnes. Je ne dis pas qu’il ne faut jamais parler de ses difficultés à ses amis. Les amis peuvent être une aide précieuse par leurs conseils, leur soutien. Je dis seulement qu’il ne faut pas se servir d’eux comme d’une poubelle où, pour un oui ou pour un non, on va déverser ses déceptions, son agacement, sa mauvaise humeur. Il ne peut rien sortir de bon de cette façon de faire. D’autant plus que les amis, qui ne sont pas tellement plus raisonnables, vont à leur tour trouver d’autres amis pour se décharger de ce fardeau, et ainsi de suite !

Encore une fois, je ne dis pas qu’il soit répréhensible d’aller chercher du réconfort auprès d’un ami. Mais souvent, ce n’est pas le réconfort que l’on demande. On n’attend aucune lumière, aucun conseil. On a seulement besoin de se décharger, c’est tout. Et si après l’avoir fait, on se sent mieux, en réalité ce mieux n’est que passager, car on n’a fait aucun véritable travail intérieur pour résoudre les problèmes et, à la première occasion, on retombe dans le même état. Alors, non seulement on est allé empoisonner les autres, mais on n’a pas réellement amélioré son propre état.

 
Être léger pour son entourage
 

Pour se débarrasser de ses chagrins, de ses ennuis, il y a d’autres méthodes que de courir les étaler chez ses amis ou ses voisins. Quand vous vous sentez mal disposé, irrité, restez chez vous tranquille, faites un travail avec la lumière, priez, méditez, chantez, écoutez de la musique… Ou alors, sortez marcher un peu dans la nature, respirez profondément en vous liant à la terre, aux arbres, au Ciel… et ne vous présentez pas devant les autres avant de vous sentir libéré, dégagé et capable de leur apporter quand même quelque chose de bon, de lumineux, de constructif.

Observez-vous et vous constaterez que c’est exactement le contraire que vous avez l’habitude de faire : quand ça va mal, vous vous précipitez chez les gens pour leur faire partager vos embêtements, et quand ça va bien, vous ne dites rien, vous n’avez rien à raconter. Oui, ça c’est extraordinaire : quand tout va bien, on n’a rien à raconter ! Ne pensez-vous pas qu’il y a là quelque chose à corriger et que l’on devrait apprendre à ne partager avec son entourage que ses bons états ?

Et même allez plus loin : quand vous vivez des moments de paix, de joie, d’émerveillement, pensez à faire bénéficier les autres de ces états privilégiés. Consacrez quelques minutes à tous les êtres dans le monde qui sont dans l’angoisse, le désespoir. Concentrez-vous sur eux et dites : « Chers frères et sœurs du monde entier, ce que je possède est si beau, si lumineux, que je veux le partager avec vous. Prenez de cette beauté, prenez de cette lumière !… » Puisque vous savez que vos états intérieurs produisent des ondes qui se propagent, ne gardez pas votre bonheur pour vous, partagez-le ; ainsi, non seulement vous ferez du bien aux autres, mais vous amplifierez ces états en vous. Oui, c’est un phénomène magique : pour garder votre joie, il faut savoir la partager.

Extrait de Le devoir d’être heureux, Omraam Mikhaël Aïvanhov

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