En pratique : Arrêtez de jouer aux victimes et agissez

Vos bibliothèques regorgent de romans racontant les traumatismes de l’enfance et leurs impacts sur la personnalité adulte à tel point que l’on finit par croire que tout est figé d’avance, que la fatalité pèse sur vous et que vous êtes condamnés à la subir.

Certaines théories vont jusqu’à prédire votre futur en extrapolant des données recueillies dans votre enfance et qui seraient déterminantes dans votre devenir personnel quoique vous fassiez. Des étiquettes sont ainsi posées sur vous et votre comportement ne serait alors que le reflet de ces prévisions pessimistes qui traduisent plus la personnalité de celui qui les énonce que votre propre potentiel.

Souvenez-vous que votre passé ne suffit pas à lui seul à justifier totalement une situation d’échec, une dépression, votre agressivité, votre violence à l’égard de vos proches, l’alcoolisme et bien d’autres attitudes. Vous réfugier dans votre passé vous maintient dans une dynamique passive où votre marge de manœuvre est étroite.

Tant que vous vous positionnerez en victimes de ce que vous avez pu vivre dans le passé, vous serez plus préoccupés par le regret que par l’action. Ce n’est qu’en assumant toute la dimension de votre responsabilité que vous pourrez sortir de l’analyse détaillée de vos difficultés pour vous tourner vers l’action. Ce n’est pas toujours par la faute des autres que vous avez tardé à agir. C’est le plus souvent du fait de votre propre responsabilité que les événements tournent dans le sens contraire à vos attentes et vous immobilisent. « Ce n’est pas de ma faute » dit le collaborateur. « J’ai tout fait pour y parvenir ». Tout ou presque, et c’est justement là, le reproche qui lui sera fait.
 
 
En pratique : Arrêtez de jouer aux victimes et agissez
 
 
L’élève appelé à justifier des résultats médiocres, s’empressera de jouer la victime pour attendrir en déviant l’attention de ses parents. « Ce n’est pas de ma faute et je ne suis qu’une victime ». « L’examen était trop difficile », « je n’ai pas pu finir à temps », « les questions d’examen étaient mal posées et les camarades de classe faisaient beaucoup trop de bruit pour me permettre de me concentrer ».

C’est toujours par la faute de l’autre que les événements imprévisibles vous surprennent ; telle est la devise de ceux qui ne veulent pas passer à l’action. Cet adage n’a rien d’étonnant car vous positionner en victimes est une solution de facilité qui a l’avantage d’être confortable. Elle vous permet de vous dérober à vos responsabilités et oblige les autres à parrainer votre forfait dans un protectionnisme simpliste qui prolonge votre inertie et justifie votre inaction.

En tant que « victimes », vous ne saurez être rendus responsables de ce qui vous arrive faute d’initiative ou d’action. Inversement, en prenant la responsabilité de vos actes, vous portez un autre regard sur vous-mêmes et sur les autres : vous devenez acteurs impliqués et engagés pour réaliser les objectifs fixés.

Un couple sur la plage voit arriver un promeneur qui se place à quelques mètres d’eux, se met en maillot de bain et court dans l’eau. Quelques minutes plus tard un autre flâneur s’approche du couple et sans complexe s’empare des effets du baigneur sans susciter la moindre réaction. Le problème est tout autre lorsque la responsabilité du couple est engagée. En d’autres termes si le premier promeneur demande au couple de veiller quelques instants sur ses affaires, le temps d’un bain, le second flâneur ne pourra commettre impunément son forfait. Pourquoi ? Parce qu’en responsabilisant le couple, ce dernier se sent investi d’une mission avec obligation de résultat. Son engagement le force à agir pour remplir les objectifs de sa mission.

La meilleure façon de vous assurer qu’un collaborateur a mémorisé une consigne c’est non pas de la lui répéter à longueur de journée mais tout simplement en l’impliquant dans la consigne c’est-à-dire en lui révélant sa part de responsabilité dans le résultat attendu.

 

Extrait de : Agir pour réussir, Docteur Pierre Achard

 


 

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