Ecouter l’autre

Cela parait simple, mais être « vraiment » à l’écoute de l’autre nécessite d’avoir fait soi-même un bout du chemin. Parfois l’écoute permet à l’autre de se libérer, ce qui nous offre la possibilité de l’aider, ne serait-ce qu’en étant simplement présent.

 
Ecouter l’autre
 

Voici quelques comportements types du manque d’écoute :

  • Le jugement de l’autre dans les premiers instants, selon son physique, ses habits, sa façon de s’exprimer. C’est classiquement la peur de l’inconnu, donc la nécessité de savoir le plus rapidement possible à qui on a à faire, pour maîtriser la situation (ou fuir), quitte à se tromper.
  • Répéter un jugement établi lors d’une rencontre précédente, ce qui revient à nier que la personne puisse changer. On fige la relation, en restant sur ses croyances et sa position.
  • Vouloir en priorité faire passer ses idées. On écoute à peine ce que l’autre dit, vivement qu’il finisse sa phrase pour enfin pouvoir placer les trucs super intéressants et importants que l’on a à dire. Cela sous-entend que l’autre n’a rien à nous dire, et dirige vers monologue dans lequel on a trouvé un faire-valoir pour nos propres propos.
  • Avoir la certitude de l’importance de l’information que nous avons à transmettre à la personne et lui présenter comme tel. C’est une tentative de priver l’autre de son libre arbitre, et le manipuler plus ou moins consciemment.
  • Douter, être méfiant, avec peur de ce que l’autre peut penser, faire, dire. Là on est totalement subjectif dans l’écoute et on cherche à imaginer toutes les suites négatives possibles…
  • Occuper plus de la moitié du temps alloué à la conversation sans fréquemment vérifier que l’autre a quelque chose à dire, en laissant régulièrement des silences de quelques secondes.
  • Raconter ses plus grands exploits, positifs ou négatifs, sans avoir pris connaissance de l’avancée de l’autre dans les domaines concernés. Cela peut écraser toute envie de l’autre de faire part de ses expériences beaucoup plus modestes.
  • Et pour finir cette liste d’exemples, le classique : ne pas poser des questions et ne pas s’intéresser à l’autre. A mettre en relation avec le formatage de notre éducation judéo-chrétienne : ne sois pas indiscret, ne sois pas curieux, etc.

C’est en observant comment nous écoutons que nous en apprenons beaucoup sur notre amour d’autrui, et notre capacité à être authentiques dans nos réponses. L’écoute est un juste équilibre entre l’ouverture à l’autre et le partage. C’est un exercice particulièrement difficile pour celui qui est attentif à la manifestation de son égo, comme un équilibriste sur un fil, qui balance entre enthousiasme et faire-valoir.
 


 

Commentaires

  1. Merci Philippe votre citation me fait plaisir car depuis toujours je suis révolutionnaire au plus profond de moi même, les mensonges, les guerres, les famines , les atrocités du monde humains me mettent hors de moi.
    C’est en méditant sur différents récits que commence
    Mon apaisement mercis à tous cela fait du bien.

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