Déformation de la réalité (partie 1)

L’homme est incapable d’être parfaitement objectif lorsqu’il perçoit le monde autour de lui. C’est la même chose que mettre un cliché dans un vidéo projecteur et de le regarder. La lumière, ordinaire et constante, se transforme en image sur l’écran en passant à travers le film. Alors si votre perception était l’écran, la lumière serait le monde autour de nous, et le cliché serait notre vision du monde, la représentation de notre compréhension du monde.

La vision de chaque personne par rapport à elle-même et aux autres est très éloignée de la réalité, et ce sont nos clichés qui apportent cette distorsion. Par exemple, quelques défauts personnels vous inquiètent parce qu’il vous semble que les autres n’aiment pas cela non plus. Alors, en communiquant avec d’autres gens, vous mettez dans votre « projecteur » le cliché du complexe de l’imparfait et vous voyez tout dans une lumière déformée à travers ce complexe.

Supposons qu’à ce moment précis vous êtes tracassé par la façon dont vous êtes habillé. Vous pouvez même avoir l’impression que les autres le remarquent et vous regardent en se moquant ou avec du ressentiment. Mais il n’y a aucune pensée de telle sorte dans l’esprit des gens qui vous entourent. Ces pensées ne sont présentes que dans votre esprit, sous la forme d’un cliché qui déforme la réalité. Chaque personne est, par définition, occupée à 90 % à penser à sa propre personne — tout comme vous l’êtes. Même lorsque vous êtes interviewé pour un travail, vous pouvez être certain que l’interviewer est plus préoccupé par la façon de jouer son rôle au mieux.

 
Déformation de la réalité
 

Les clichés déforment vos pensées à propos de ce que les autres pensent de vous. Un cliché est une représentation déformée de la réalité. Un cliché est quelque chose qui existe dans votre tête, mais est absent dans celle des autres. Par exemple, vous ne pensez pas que vous êtes plutôt séduisant. Ça ne vous ennuie pas vraiment, il n’y a donc pas déformation. Tout est tel que cela doit être.  Cependant, il ne s’agit pas de ce que vous pensez de votre apparence, mais plutôt de quelle sorte d’influence le cliché a sur votre vie. Si votre apparence personnelle vous ennuie, vous créez alors le cliché suivant dans votre tête : « Je suis moche » et vous regardez le monde autour de vous à travers ce cliché, comme à travers un filtre. On peut considérer une telle façon de voir les choses comme un cliché puisqu’il se rattache uniquement à vos pensées.

L’apparence physique ne peut être jugée (donc, avoir une signification qui s’y rattache) que par des partenaires potentiels. C’est un très faible pourcentage de la population. Les autres ne pourraient pas moins se soucier de votre apparence. Vous ne me croyez pas ? Alors, demandez au juge le plus respectable — vous-même : à quel point vous souciez-vous de l’apparence des autres personnes qui ne font pas partie de votre réservoir de partenaires potentiels ? La plupart du temps, vous ne vous demandez jamais si une personne est séduisante ou pas. Les gens autour de vous pensent la même chose (ou ne pensent rien du tout) à votre propos. Vous pouvez être certain que c’est le cas, même si vous vous considérez comme affreux. La laideur produit une impression uniquement la première fois que vous rencontrez quelqu’un. Après, vous ne remarquez plus la laideur, tout comme les gens ne font plus attention aux décors auxquels ils se sont habitués.

Donc, supposez que vous avez mis un cliché qui concerne votre apparence peu attirante dans votre esprit. Vous percevez tout ce qui émane des autres personnes — les regards, les gestes, les expressions du visage, les mots — à travers votre cliché. Que verrez-vous ? Un sourire amical se transformer en rictus. Les rires joyeux d’une personne se transformeront en amusement jubilatoire à vos dépens. Deux personnes chuchotent entre elles : elles jouent les commères à votre propos. Quelqu’un vous jette un regard furtif : il ou elle vous a regardé furieusement. Quelqu’un fait une grimace parce que son estomac lui fait mal : oh mon Dieu, qu’a-t-il pensé de vous ? Et pour finir, tout compliment se transformera en moquerie. Pourtant, personne en fait ne formulait de telles pensées. Ce n’est que dans votre tête — c’est votre propre cliché.

Votre comportement sera déterminé en relation avec vos pensées sur votre absence de séduction, et vous vous en rendrez non séduisant de fait. Vos bras commenceront à faire des mouvements peu naturels, et vous ne saurez plus où les mettre. Votre visage sera déformé du fait d’une expression tendue, toutes vos pensées intelligentes disparaîtront soudainement et votre faible estime de vous commencera son règne totalitaire. Et pour finir, le cliché qui se trouve dans votre imagination se réalisera dans la pratique.

A suivre…

Extrait de Transurfing 2, Vadim Zeland

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