Coupable de ne pas réussir ?

Insidieuse, tenace, la honte de ce que l’on n’est pas est destructrice. La honte de ne pas être ce que les autres attendent. La honte de décevoir. La honte de ses difficultés. La honte de ses « bizarreries ».

La honte habite le surdoué, envers et malgré lui. Fruit d’une culpabilité qui s’alimente dans les non-dits, dans les fausses condescendances, dans les compassions feintes. Car, pour le surdoué, même si son entourage semble accepter ce qu’il est, il reste au fond de lui persuadé qu’il a déçu les autres.

 
Coupable de ne pas réussir ?
 

Qu’il n’a pas su être à la hauteur. Son niveau d’exigence le plus élevé, c’est lui qui se le pose en réalité. Pas toujours ou pas vraiment les autres. Mais, pour lui, rien n’est jamais assez bien en regard de ce que lui considère qu’il aurait dû atteindre. Sans savoir vraiment d’ailleurs quel était le but à atteindre. Il faut comprendre qu’il ne s’agit en rien d’une réalité, mais d’une représentation de soi et de sa réussite qui crée un sentiment d’inachèvement permanent. De déception de soi lancinante. Quand on vit depuis toujours avec un sentiment de soi contrasté, fait de très hauts et de très bas, on reste dans cette conviction que l’on se doit de réaliser certaines choses à un certain niveau.

Alors on s’épuise dans une quête désordonnée à la recherche d’un but chimérique puisqu’il ne pourra jamais être cerné et par là même atteint.

Comprendre, surtout comprendre, que c’est ce regard sur soi qui trouble l’image de soi, permet de déchirer un voile opaque sous lequel on souffre en silence.

Extrait de Trop intelligent pour être heureux, l’adulte surdoué, Jeanne Siaud-Facchin

 


 

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