Non-conformisme

Si un homme ne marche pas au pas de ses compagnons, c’est peut-être qu’il entend le son d’un autre tambour. Laissez-le suivre sa propre musique, quel qu’en soit le rythme, quelle qu’en soit la distance. (Henry David Thoreau, Walden).

Incarner ses idées dans sa propre vie, peu importe la façon dont les autres les perçoivent, m’a toujours semblé d’une grande noblesse. Il y a en chacun de nous une voix qui nous chuchote : Courez le risque, réalisez vos rêves, vivez pleinement votre vie ? Tant que vous ne nuisez à personne, pourquoi pas ?  Mais il y a autour de nous des voix qui hurlent : Ne soyez pas dupe ! Vous allez échouer. Soyez donc comme tout le monde. Vous faites preuve d’égoïsme et vous blessez les autres quand vous n’en faites qu’à votre tête.

Les diktats incessants et tonitruants de nos compagnons nous pressent de régler notre pas sur le leur et nous menacent d’exclusion si nous refusons de le faire.

 
Non-conformisme
 

J’ai observé que la société dans son ensemble honore les conformistes de leur vivant et les trouble-fêtes lorsqu’ils sont morts. Tous ceux qui ont marqué leur discipline ont marché au rythme de leur propre musique sans se soucier de l’opinion des autres. Pour cela, on les taxe de trouble-fêtes, d’incorrigibles rêveurs, et même de désaxés. Ironiquement, ils deviennent des figures extrêmement respectées après leur mort.

Ce rythme qui bat en vous, c’est le lien qui vous unit à la mission de votre âme. Jamais vous ne pourrez le faire taire, même si vous tentez de l’ignorer ou de le supprimer dans l’espoir de vous conformer aux usages de la société. Ceux qui vous supplient d’écouter leur propre rythme sont souvent bien intentionnés et pleins d’amour pour vous. Ils vous diront : Je ne pense qu’à ton bien-être », ou encore : Crois-en mon expérience, tu le regretteras si tu ne suis pas mon conseil. Vous les écoutez et faites tout votre possible pour devenir ce que tout le monde souhaite que vous deveniez. Néanmoins, ce rythme tenace que personne ne semble entendre continue à battre faiblement dans les coins les plus reculés de votre conscience. Si vous continuez à l’ignorer, vous vivrez une vie de frustrations. Vous apprendrez peut-être à vous accommoder de vos souffrances, mais n’espérez rien de mieux.

Alors… refusez d’évaluer votre état mental en vous basant sur votre capacité à vous conformer aux attentes de gens autour de vous. Si vous sentez quelque chose en vous, et si cela ne nuit à personne, alors il s’agit de quelque chose d’authentique, il n’y a rien de plus sain.

Rappelez-vous que vous devrez faire face à l’incompréhension, ne vous sentez pas visé par les remarques, abstenez-vous de réagir à la provocation.

Permettez à vos intimes, aux membres de votre famille et aux amis, de connaître la joie de marcher au son de leur propre tambour, sans qu’ils aient pour cela à s’expliquer et à défendre leurs choix. La paix et l’amour chasseront la colère et le ressentiment, et tout le monde prendra plaisir à écouter la musique qui résonne en eux.

 


 

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