Choisir le bonheur

Nous râlons quand nous sommes en train de vivre quelque chose de désagréable et que nous voulons que ça change. Et pourtant, non seulement bien souvent râler ne fait pas avancer les choses (au contraire), mais en plus il semblerait que changer ce qui nous arrive ne soit pas à tous les coups la voie la plus rapide pour accéder au bonheur.

Pour râler moins il faut que volontairement je choisisse le bonheur quelles que soient les circonstances extérieures. En effet de grands psychologues sont d’accord pour dire que ce qui nous arrive dans la vie n’a pas vraiment d’impact sur notre bonheur. Ce qui compte, c’est notre aptitude à décider de vivre de manière sereine le moment présent avec ses aléas, ses difficultés, ses obstacles, ses frustrations.

 
Choisir le bonheur
 

Un professeur de psychologie (Daniel Todd Gilbert) qui étudiait les gagnants du gros lot de la loterie, démontre qu’un an après les gagnants se trouvaient aussi heureux ou malheureux qu’avant le tirage qui a changé leurs vies. Et le plus intéressant dans cette étude est que ce « niveau de bonheur » retrouvé vaut aussi pour les gens touchés par de grands malheurs, notamment des personnes devenues paraplégiques. Tous, finalement, après le choc merveilleux ou catastrophique, se trouvaient après quelque temps aussi heureux qu’auparavant. Les circonstances « extérieures », heureuses ou malheureuses, ne faisaient plus effet et ils se retrouvaient aussi insatisfaits ou satisfaits de leur quotidien. La leçon à tirer de cette étude est que notre bonheur ne dépend pas vraiment des conditions dans lesquelles nous vivons. Riche, fauché, en bonne santé ou malade, avec un emploi ou au chômage, notre bonheur ne dépend pas de ces circonstances. Il dépend au contraire de la façon dont nous choisissons de « vivre » ces circonstances : serein, optimiste, motivé, déterminé ou, au contraire, accablé, stressé, victimisé… Notre niveau de bonheur dépend aussi de ce sur quoi nous choisissons de nous focaliser.

Nous pouvons choisir que nos soucis, nos problèmes prennent toute la place dans notre vie ou nous pouvons choisir de prendre le temps de savourer les choses agréables dans notre quotidien. Quelle que soit notre situation, nous pouvons puiser du bonheur, lui donner plus de place et être heureux, ici et maintenant.

Nous pouvons râler tant que nous voulons, nous pouvons soupirer, ruminer, crier… cela ne servira pas à grand-chose pour améliorer notre état et nous rendre plus heureux. Pas besoin d’attendre un retournement de situation conséquent, car ce bonheur, finalement, vient de la manière dont on voit les petites choses du quotidien. Prenons le temps de savourer un rayon de soleil, le chant d’un oiseau au réveil, l’amour des personnes qui nous entourent, l’opportunité que nous avons de nous rendre utile, etc.

Nous venons de voir que les circonstances extérieures n’avaient pas d’impact, à terme, sur notre bonheur. Donc râler sur notre manque d’argent, notre état de santé ou nos problèmes ne sert pas à grand-chose. En tout cas ne nous rend pas plus heureux. Mais tout de même, pourquoi certains d’entre nous sont-ils plus heureux que d’autres ? Le bonheur est-il donné à la naissance ? Cette capacité de voir du bonheur dans les petites choses de la vie est-elle génétique ? Car pour certains d’entre nous cela paraît impossible d’être heureux, et pour d’autres tellement facile, que cela ne semble vraiment pas juste.

La réponse à cette question est oui et non. Le docteur David Lykken a démontré que même si une partie de notre sentiment de bonheur est en effet définie par notre génome, il nous reste tout de même une importante marge de manœuvre pour, volontairement, apprendre à faire fructifier le bonheur qui nous est donné. Ses recherches ont montré que environ 50 % du niveau de bonheur d’un individu dépend de ses gènes, mais que seulement un petit 10 % peut être attribué à nos différences de circonstances (statut socio-économique, bonne santé ou maladie, richesse ou pauvreté, marié ou divorcé, avec ou sans enfant…). Il reste donc un bon 40 % sur lesquels on peut agir ! Une partie de la raison pour laquelle vous êtes un insatisfait chronique qui râle beaucoup, ou au contraire une personne qui voit toujours la vie en rose vient du fait que vous êtes né comme cela, c’est vrai, mais le plus important est qu’une part conséquente de votre niveau de bonheur est définie par vos pensées, vos émotions et vos croyances, toutes générées en lien avec votre environnement. Et donc il y est possible d’agir pour les changer. Pour cela il faut petit à petit apprendre à fonctionner autrement. Nous devons faire un profond travail interne.

Une fois de plus la solution est en nous et non pas extérieure à nous, comme nous le croyons encore bien trop souvent. La clé est d’accéder au bonheur en changeant notre manière de voir notre réalité (quelle qu’elle soit).

Librement inspiré de « J’arrête de râler ! », Christine Lewicki
 


 

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