Le chemin entre la pensée et la vision

Il est indispensable que vous ne tombiez plus dans le piège de l’identification aux pensées et de la confusion entre voir et penser : « Vous pensez que vous voyez et vous ne voyez pas que vous pensez ».

Vous pensez que vous voyez, vous vous entêtez dans vos erreurs, vous affirmez sans voir qu’en vérité vous divaguez tout simplement. Si vous voulez faire la différence, appuyez-vous sur ce simple critère : il n’existe aucune certitude dans les pensées. Si vous les autorisez à se nourrir de votre substance, à consommer stérilement votre énergie, vous n’aurez plus cette énergie à votre disposition pour croître intérieurement. Donc, le préalable à tout changement de niveau d’être, c’est la capacité à se dissocier de ces pensées, à discriminer entre la pensée et la vision.

En étant vigilants, vous vous apercevrez combien de préoccupations sont récurrentes. On croit que c’en est fini avec elles, on est convaincu d’avoir vu clair, et le lendemain la même vision erronée s’impose à nouveau. Pour s’avérer réellement efficace, la vision doit être complète : qu’en est-il exactement de ce que les pensées me proposent ? En ce qui concerne un futur possible, est-ce qu’elles correspondent à la réalité ?
 
 
Le chemin entre la pensée et la vision
 
 
Si vous deviez aller vivre au Sahara et que toutes vos pensées tournent autour de la crainte que le climat trop humide soit fâcheux pour vos rhumatismes, une telle stupidité serait criante. Naturellement, quand je prends un exemple comme celui-ci, vous êtes tous d’accord mais ce qui devient plus intéressant c’est de détecter ce fonctionnement dans les situations concrètes de vos existences, au moment où des réflexions dénuées de tout fondement parviennent quand même à vous duper, malgré votre bon sens et bien que vous soyez déjà familiarisés avec cet enseignement.

Qu’est-ce qui peut faire contrepoids aux pensées ? La conscience lucide. Quel que soit le type de pensées qui montent : « Ça ne va pas marcher, ça va se passer comme ci ou comme ça », vous arrêtez immédiatement ce processus, bien que ces pensées aient une apparence de vérité, en tout cas une apparence de vérité pour vous. Celui qui s’inquiète tout le temps pour sa santé trouve que ses craintes sont parfaitement justifiées.

Nous partons facilement dans une direction sans rapport avec le réel. Sur les sujets où nous sommes personnellement impliqués, nous tombons facilement dans le panneau de nos propres pensées, de notre déformation du réel. Même en face de quelqu’un à qui nous sommes supposés faire confiance, si la puissance de suggestion du mental se trouve mise en cause, nous nous défendons pied à pied au lieu d’être ouverts et réceptifs. Ou, si nous nous croyons convaincus à la fin de l’entretien, le lendemain toutes les pensées reviennent dans le même ordre d’idées, parce que la conviction n’était pas ferme à cent pour cent et donc définitive. Il ne suffit pas d’entendre les mots « illusion », « erreur », « aveuglement », « ignorance », encore faut-il nous prendre en flagrant délit de fausse vision. Et où détecter notre illusion si ce n’est dans les situations concrètes pour mettre radicalement fin à ces pensées qui nous exilent de la réalité ?

Librement inspiré d’Arnaud Desjardins (Approches de la Méditation)


 

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