La biopiraterie, un processus en marche pour s’approprier la nature

Cette semaine j’ai assisté à une soirée ciné-débat autour du film documentaire « Les pirates du vivant » de Marie-Monique Robin.

Ce film amène à réfléchir sur un processus sournois qui est mis en place petit à petit par les multinationales pour s’approprier des droits sur la nature. En faisant une projection à peine exagérée dans l’avenir, vous n’aurez plus le droit de planter du persil parce que la multinationale Lambda a déposé un brevet international qui lui octroie tous les droits sur cette plante. Et tout cela avec l’accord des gouvernements, des politiques, et bien sûr étroitement surveillé par des services de contrôle qui pourront vous demander si vous avez acheté la licence chez lambda pour le brin de persil qui pousse dans le pot devant votre fenêtre… Science-fiction ? Non. C’est déjà ce qui se passe pour nos agriculteurs français pour certaines variétés de plantes….

Que pouvons-nous faire individuellement ? Pour ceux qui disposent d’un jardin, par exemple visiter le site de Kokopelli et s’inspirer de leur collection de semences potagères biologiques, libres de droits et reproductibles : www.kokopelli-semences.fr
En utilisant notre droit de vote, blanc ou écologiste, à chaque élection nationale ou européenne. Et en parler autour de nous. Faire passer le message que nos politiques sont très largement « influencés » par les puissants lobbys des multinationales, ils ont vendu le « vivant » qui était gratuit pour chacun d’entre nous, au nom du pouvoir et de la cupidité.

C’est bien à partir de l’individu que la face du monde va changer. A chacun de communiquer ses idées autour de soi et d’incarner le changement qu’il souhaite voir. A nous de remonter la pente de la pyramide à partir du socle, sans rien attendre du sommet.

 
La biopiraterie, un processus en marche pour s’approprier la nature
 

Informations :

Embarqués dans une véritable “course aux gènes”, les géants de la biotechnologie, principalement américains, prospectent de fond en comble la nature de tous les pays émergents pour déposer des brevets et s’en approprier le commerce. Mais les révoltes et les contre-pouvoirs étatiques et militants s’organisent pour réfuter cette stratégie insidieuse de la mondialisation. Les pays les plus touchés sont l’Inde, le Brésil et le Mexique. Ces pays se retrouvent interdits d’exporter leurs propres ressources sur le sol américain sans payer un pourcentage au détenteur du brevet de ces produits. Un film sur le paradoxe du brevetage qui pose la bonne question : peut-on breveter le vivant ?

Ça a commencé avec le brevetage des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) puis… une fois les portes de la privatisation du vivant ouvertes… le processus s’est étendu à l’ensemble des ressources biologiques de la planète. La biodiversité a changé de statut. Base de subsistance pour les communautés pauvres du Sud elle est devenue source de matières premières pour les grandes entreprises du Nord. Autrefois confinés au domaine industriel, les brevets ont fait la conquête des forêts, jardins de plantes médicinales, exploitations agricoles des pays en voie de développement. Ces derniers, dépossédés de leurs moyens de subsistance et de leurs ressources intellectuelles, sont désormais tenus de payer des royalties à chaque fois qu’ils exportent leurs produits.

Vous l’avez compris. La biopiraterie est le pillage de ressources génétiques endémiques à des fins d’exploitation commerciale. Depuis la chasse aux gènes jusqu’au verrouillage économique du brevet, le film de Marie-Monique Robin nous montre les différentes étapes de ce grand pillage. Réduire la vie à une matière première afin d’accroître la dépendance des pays pauvres du Sud vis-à-vis des grandes entreprises du Nord voilà ce que dénonce ce film. Les cinq prix qu’il a reçus (Grand Prix du Festival international du reportage d’actualité et du documentaire de société (FIGRA), Prix Buffon, Festival international du film scientifique de Paris, Prix du Meilleur reportage, Grand Prix et Prix Ushuaïa TV du festival international de film écologique d’Angers.) sont autant de preuves de la légitimité de ce combat. Combat… qui a porté ses fruits ! Au Mexique les brevets sur le haricot jaune et sur le margousier ont été annulés !
La suite sur le site de Marie-Monique Robin : http://www.mariemoniquerobin.com

La biopiraterie (ou biopiratage) est l’appropriation illégitime des ressources de la biodiversité et des connaissances traditionnelles autochtones qui peuvent y être associées. Elle s’exprime sous la forme de dépôts de brevets, de marques sur des noms d’espèces ou de variétés typiques d’une région, ou encore par l’absence de juste retour aux États et communautés traditionnelles qui en sont les dépositaires. Elle peut être mise en œuvre par des entreprises privées ou par des centres de recherche, qui exploitent ces ressources génétiques sans autorisation préalable ou partagent des avantages ou bénéfices avec l’État et les communautés indigènes ou locales qui ont initialement développé ces connaissances.
La suite sur wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Biopiraterie

 


 

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