A la poursuite du reflet (partie 1)

Chaque personne, avec sa perception du monde, crée sa couche individuelle du monde — une réalité unique en elle-même. Selon son attitude, cette réalité acquiert une nuance particulière.  Métaphoriquement parlant, il s’y établit certaines « conditions météorologiques » : la fraîcheur matinale dans les rayons du soleil, ou un ciel nuageux et pluvieux, ou encore la tempête qui fait rage, si ce n’est pas une catastrophe naturelle.

D’une certaine façon, nous croyons que la réalité extérieure prend forme en tant que conséquence directe de nos actions. Mais les formes-pensées ont un pouvoir tout aussi fort ; simplement, leur travail n’est pas aussi clairement explicite. En tout cas, la plupart des problèmes surgissent du fait de notre attitude négative. Ensuite, toute cette marmite métaphysique doit être « mangée » au niveau physique, ce qui complique encore les choses.

 
A la poursuite du reflet
 

Globalement, l’aspect d’une réalité individuelle dépend du rapport de la personne avec tout ce qui l’entoure. Mais en même temps, ce rapport est conditionné par ce qui se passe autour d’elle. On obtient une boucle fermée de rétroaction : la réalité se forme en tant que reflet à partir de la façon de penser, et la façon de penser est en grande partie déterminée par le reflet lui-même.

Devant la glace, la personne dirige toute son attention vers le reflet, sans penser à se regarder de l’intérieur. Il en résulte que dans la boucle de rétroaction, le rôle principal est joué par le reflet et non par le sujet.

L’homme se retrouve sous l’emprise du miroir, car il est fixé sur sa copie, comme ensorcelé. Il ne lui vient pas à l’esprit qu’il peut transformer l’original. C’est à cause de cette fixation sur le reflet que nous obtenons ce que nous rejetons activement.

D’habitude, les expériences négatives capturent entièrement notre attention. Nous sommes préoccupés par les choses que nous n’apprécions pas. Nous pensons à ce que nous ne souhaitons pas, et nous ne souhaitons pas ce à quoi nous pensons. Quel paradoxe. Mais alors, le miroir ne prend pas en considération ce que veut ou ne veut pas le sujet, il ne fait que reproduire exactement le contenu du sujet, ni plus ni moins.

On en arrive à une situation tout à fait absurde. Nous traînons tout le temps avec nous tout ce que nous n’acceptons pas. Ce n’est pas « ma langue est mon ennemie », mais plutôt « mes pensées sont mes ennemies ». Malgré toute cette absurdité, tel est le cas.

Que se passe-t-il lorsque vous détestez quelque chose ? Vous y mettez l’unité de votre âme et de votre esprit. L’image nette, parfaitement reflétée dans le miroir, envahit toute la couche de votre monde. Ce que vous détestez prévaut dans votre vie en abondance. Et cela vous énerve encore plus, ce qui alimente avec force vos émotions. Mentalement, vous envoyez tout le monde « balader » : « Foutez le camp, vous tous ! … » Et le miroir vous renvoie ce boomerang en retour. Vous les avez renvoyés et on vous a renvoyé au même endroit. Le nombre de soucis augmente-t-il ? Prenons le pari ! Si vous allez hurler devant le miroir : « Mais va au diable ! », quel type de réflexion cela va-t-il produire à votre avis ? Dans ce reflet, vous allez au diable et votre monde avec.

De la même façon, l’objet de dénigrement pénètre dans la couche de « l’accusateur ». Imaginez un cas typique : un individu âgé et grincheux regarde le monde avec reproche. Lui-même, qui est l’incarnation d’une justice sévère et infaillible, « est pur devant les gens et devant sa conscience », tandis que le reste du monde est coupable et doit expliquer pourquoi il n’est pas à son goût. L’image s’est définie, très claire et très précise. Celui qui regarde dans le miroir avec une telle arrogance crée autour de lui une réalité semblable, c’est-à-dire qu’il y a de l’injustice partout où il va, en permanence. Et comment le monde pourrait-il réagir différemment ? À la base, il ne juge pas cet individu et ne se justifie pas devant lui. Le monde, telle est sa faculté, devient ce que l’on pense de lui.

Extrait de Transurfing 5, Vadim Zeland

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