A la poursuite du reflet (partie 2)

En fait, une vision délibérément pessimiste chez quelqu’un est peu attrayante. Une attitude telle que « mais de toute manière, je n’y arriverai pas » est comparable au sadomasochisme. Le pessimiste obtient un plaisir pervers dans sa complaisance envers son lourd fardeau : « Le monde est devenu pire que jamais. Bien fait pour lui et pour moi en même temps ! »

Une telle habitude pathologique de trouver du plaisir dans le négatif se développe à la suite d’une prédisposition aux offenses. « Je suis tellement remarquable ! Et vous ne m’appréciez pas ! C’est trop injuste ! Ça y est, je suis vexé, et inutile de me supplier ! Quand je vais mourir, vous verrez ! » Et qu’est-ce qu’il en résulte ? Non seulement le miroir reflète, mais il consolide aussi fermement l’image du mal-être fatal. Le vexé se commande un scénario d’échec puis triomphe : « Alors ? Je vous l’avais bien dit ! » Mais le miroir ne fait que réaliser la commande : « Je vous en prie, Monsieur ! »

Avec le même désespoir fatal, le loser constate sa détresse : « Ma vie n’est que ténèbres en continu sans aucun rayon lumineux d’espoir. » Il ne souhaite pas du tout ce destin, c’est la raison pour laquelle il met toute son énergie mentale dans les plaintes et les lamentations. Mais qu’est-ce que le miroir peut refléter si son sujet est une pure frustration ? Le sujet est : « Je suis mécontent ! J’en ai marre ! » — et le reflet : « Oui, tu es mécontent. Et tu en as marre. » Encore une fois, il ne reflète que des faits, ni plus ni moins.

 
A la poursuite du reflet
 

De façon identique, le complexe d’infériorité se cultive lui-même. Une mauvaise estime de soi engendre un verdict approprié, que le miroir traduit dans la réalité. « Je n’ai pas de talents particuliers, est-ce vrai ? » — « Oui, tu manques de talent. » — « Je ne mérite pas un meilleur sort, est-ce vrai ? » — « Oui, tu n’as plus rien à attendre. »Et si vous avez en plus le sentiment inné de culpabilité, alors c’est vraiment perdu d’avance. « Suis-je coupable ? Dois-je payer pour cette faute ? » — « Oui, tu mérites d’être puni et tu auras ta correction. » Et que voulez-vous ? Si la personne se sent coupable, même inconsciemment, qu’est-ce que le miroir doit refléter ? Le châtiment, sans doute !

Inutile de dire que les inquiétudes et les peurs se réalisent sur-le-champ. L’homme se méfie de tant de choses que la plupart d’entre elles ne se réalisent pas, uniquement parce que cela nécessiterait énormément d’énergie. Les accidents et les catastrophes sont toujours des anomalies qui se démarquent de l’équilibre du courant des variantes. Mais si l’événement indésirable se trouve à proximité de ce courant, il a toutes les chances de se produire, parce que l’homme l’attirera par ses pensées.

Mais les doutes agissent à l’inverse. Contrairement aux peurs qui fixent l’attention sur la réalisation potentielle d’un événement, le doute se focalise plutôt sur l’idée qu’un événement ne se produira pas. Et bien entendu, comme par malheur, les doutes se réalisent dans la plupart des cas.

Pourquoi par malheur ? C’est humain d’imaginer une loi de malchance lors d’un événement. En vérité, le miroir ne fait que refléter le contenu de nos pensées, rien d’autre.

Dans tous les cas, le désir d’éviter quelque chose augmente considérablement la probabilité de la collision. Tout se fait contre son gré, cequi énerve l’homme assez souvent, sinon la plupart du temps. L’état de mécontentement complète l’image globale de la perception du monde. Et voici le résultat obtenu : « Je ressens un malaise. » Dans cette optique se construit une réalité individuelle, où tout va faire en sorte de préserver ce malaise et de l’intensifier davantage.

Avec son attitude négative, l’homme peint lui-même la couche de son monde dans les tons noirs. Toute attitude qui reçoit un sentiment aigu de l’âme et une ferme conviction de l’esprit se reflète dans la réalité. Et le reflet reproduit fidèlement l’original pièce par pièce, peu importe ce que l’homme tente d’exprimer : l’attirance ou le rejet. C’est le quatrième principe qui fonctionne ici : le miroir ne fait que reproduire le contenu de l’attitude, sans prendre en compte son orientation.

Comment l’homme réagit-il lorsqu’il voit qu’une chose indésirable est en train de se produire ? Au lieu de jeter un coup d’œil sur le sujet, il porte toute son attention sur le reflet et essaie de le changer. L’image dans le miroir est une réalité du monde physique et toute action tournée contre elle sera limitée par notre intention interne. C’est-à-dire que si le monde ne nous écoute pas et se déplace dans la mauvaise direction, il faut le prendre par le cou et le traîner coûte que coûte là où nous le voulons. Une tâche difficile, pour ne pas dire autre chose. Dans la plupart des cas, elle n’est pas du tout réalisable. Et tout cela parce que la situation est complètement absurde : la personne devant la glace cherche à s’agripper à son image et à lui faire faire on ne sait quoi.

Extrait de Transurfing 5, Vadim Zeland

 


 

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