Une tache d’eau qui inspire

Hier soir un colocataire de la maison (celui qui est du corps médical…), non non non, je n’ai pas dit qu’il s‘agit de Jacques 🙂 , m’informe qu’il a fait une tache d’eau sur un secrétaire (un meuble ancien) en y déposant une tasse très chaude (du thé). Ma première réaction a été la tristesse d’imaginer ce meuble abimé. Puis l’incompréhension, pourquoi n’avait-il pas mis quelque chose sous la tasse, pourquoi ignore-t-il qu’il faut faire attention à cela. Puis la culpabilité, je n’aurai pas dû laisser ce meuble dans une chambre que je loue, ou j’aurai dû dire qu’il faut ne rien déposer de chaud ou d’humide dessus… stooooooooop.
 
Une tache d’eau qui inspire
 
J’ai fini par éclater de rire en observant mon mental s’en donner à cœur joie, et j’ai été doublement amusé de constater le clin d’œil de l’Univers par rapport à l’article que je venais de publier la veille, et dans lequel je citais justement en exemple « l’attachement à une table » (lien) !!!

Il existe la solution version « développement personnel », qui consiste à se dire que c’est trop tard, c’est fait, on y changera rien, il n’a pas fait exprès, bref à se résigner pour ne plus laisser carburer le mental (avec probablement de la frustration). Et là, les pensées vont doucement se diriger vers toutes les autres choses de valeur (selon chacun), qui sont à la merci d’un autre accident. Alors soit on n’est pas tranquille et on prie pour que tout se passe bien, soit on se dit que quoi qu’il arrive, ce n’est pas grave, tant pis (ils sont rares ceux-là).

Et il existe la voie spirituelle du détachement. J’avais eu l’occasion de travailler le sujet lors d’un stage. Nous avions commencé à donner des exemples de ce qui nous attire, nous fait envie. Que ce soit des choses que nous possédons ou pas, peu importe. Le sujet a également été étendu aux êtres humains, aux animaux, aux plantes, etc. Je ne peux évidemment pas vous faire le stage ici en quelques lignes, le principe repose sur le fait de transcender ce qui nous attire. Cela se fait par l’observation, puis avec une technique méditative, il y a une intégration en Soi des caractéristiques de l’être ou de l’objet observé. Le résultat est impressionnant, car il y a un avant et un après. Dans le cas d’êtres humains, le détachement ne supprime pas l’amour, au contraire, c’est l’amour authentique pour l’être, pas pour sa beauté ou son attirance physique.

Pour en revenir à l’exemple de la table, s’approprier quelque chose (ou quelqu’un) pour sa beauté c’est le piège de l’attachement. Avec un esprit vulnérable soumis à l’espoir du plaisir et la crainte du déplaisir ; l’espoir du gain et la peur de la perte. Etre détaché ne signifie pas être insensible, au contraire, la sensibilité augmente car il n’y a pas la limite mentale de l’inaccessible, et cela sans aucun besoin ou désir de possession.

Si une personne recherche sincèrement le bonheur, elle doit abandonner progressivement son attachement aux biens matériels éphémères, pour s’élever vers une compréhension plus vaste de son existence terrestre.

Commentaires

  1. On peut se détacher des choses mais aussi on peut détâcher la table.
    un petit truc que j’ai fait souvent dans mon atelier lorsque je restaurais les meubles : je pense que la table est cirée. il suffit de frotter dans le sens du bois avec un bouchon de liège (le côté qui n’est pas en contact avec l’intérieur de la bouteille) pendant quelques moments. le fait de frotter avec le bouchon, augmente la température, fait fondre la cire et l’uniformise.
    Si la tâche reste, la frotter avec un chiffon imprégné d’essence de térébenthine, poncer doucement dans le sens des fibres du bois au papier abrasif fin et recirer…
    Si la table est vernie au tampon, frotter la tâche avec un alcool à 90 degrés, ou un digestif, poncer, puis un peu de popote et le tour est joué.
    Sinon attendre que je repasse vous voir….
    bonne restauration

    • Oui mais non!
      Ne pas chercher à détacher la table pas plus que de se détacher de la table!
      Remercier, remercier la géniale intuition qui a fait poser cette tasse pour ainsi auréoler cette table et révéler sa sainteté! Depuis le temps qu’elle supportait tout ce qui lui était posé dessus!

  2. Avec la même géniale intuition Jacques a simplement un peu gratté l’auréole, et a constaté qu’elle partait toute seule. Nous avions donc à faire à une usurpation de sainteté…

  3. Ah un blog souriant d’ou la gravité reste légère! mille merci , je viens de vous découvrir et j’ai cette sensation « d’être à la maison »
    Amour et Paix

  4. « Dans le cas d’êtres humains, le détachement ne supprime pas l’amour, au contraire, c’est l’amour authentique pour l’être, pas pour sa beauté ou son attirance physique. »
    Oui cela semble tout à fait juste… mais l’Amour authentique pour l’être n’est-il pas aussi une certaine forme attachement ? Finalement, qu’est-ce que l’attachement ? Y a t il différentes sortes d’attachement ? Je veux dire par là, l’attachement qui fait qu’on se dit « sans l’autre je ne suis rien » ou un autre attachement plus » harmonieux », qui laisse à l’autre sa liberté d’Etre ? C’est difficile le réel « détachement » tel qu’il est mentionné dans les livres spirituels. Quand on aime réellement une personne (je parle du véritable Amour, celui qui émane de soi-même et que l’on renvoi à l’autre et vis versa), il y a tout de même un « lien » qui se crée entre ces deux personnes. Et ce lien, n’est-ce pas une forme d’attachement ? Ce mot même d’attachement peut être vécu à plusieurs niveau peut-être.. Je ne sais pas. C’est mon observation à ce moment.

    • Le sujet de l’amour est tellement vaste… On peut se tromper toute une vie en pensant savoir ce qu’est l’amour et aimer. Je me suis rendu compte à plus de quarante ans que je n’avais jamais « vraiment » aimé. Alors que je pensais être quelqu’un qui aimait de tout son être. Même si j’ai perdu de vue les personnes qui m’ont permis de me libérer, je leur dit encore une fois Merci. Elles ont certainement « sauvé » ma vie ce jour-là.
      Je recommande vivement la lecture de : La maîtrise de l’amour : Apprendre l’art des relations. De Don Miguel Ruiz (l’auteur des quatre accords toltèques). Environ 8 euros.

  5. Oui ce livre de Ruiz est essentiel pour comprendre la relation à l’autre. Je viens d’ailleurs de le terminer hier soir !

    J’en parlais avec une psychothérapeute holistique ce matin, de ce lien d’attachement. Nous avons la même vision des choses qui est que nous sommes tous LIES d’âme à âme dans ce monde. Ce LIEN est quelque part de l’attachement. C’est notre interprétation de ce mot et sa mise en pratique qui est important. La question à se poser est : est-ce de l’attachement « sain » (celui qui aime sans retour, juste parce qu’il s’aime assez lui même pour renvoyer cet Amour automatiquement à l’autre) ou l’attachement « malsain » (celui qui aime pour combler un besoin, panser une plaie, peur d’être seul, etc.) ?
    Donc je ressens qu’il ne faut pas trop se focaliser sur cette question théorique du « non-attachement ». Le détachement ne signifie pas renoncement, comme cela peut parfois être interprété.

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