S’autoriser à être heureux

Le mental humain réagit souvent par le doute lorsque le bonheur s’installe. Comme si être pleinement heureux, pour une durée plus ou moins longue, était suspect. Un peu dans le genre « c’est trop beau pour être vrai ».

L’éducation y est pour beaucoup. Les enfants qui font les fous et qui passent des moments de bonheur intense sont souvent réprimandés par les adultes qui leur demandent de se calmer, de faire attention, de faire moins de bruit, etc.

L’enfant lui-même finit par ne plus profiter pleinement de son bonheur puisqu’il attend le moment où on lui dira stop.

Bonheur

La relation adulte-adulte est aussi très particulière lorsque l’un des deux vit un grand bonheur et en fait part à l’autre. Il pourra entendre des phrases du style « profites-en, ça ne va pas durer », et d’autres tentatives d’immiscer un doute (même inconsciemment), « je suis content pour toi, mais as-tu pensé à… ».

Et nous sommes pareils avec notre propre personne. Lorsque nous sommes heureux, observons nos pensées qui visent à relativiser la situation ou à mettre en doute, exactement comme les exemples déjà cités : « c’est trop beau pour être vrai », « il va se passer quelque chose », « ça ne va pas durer », etc.

Le mental va même chercher des sujets qui vont nous tracasser et perturber ou arrêter le sentiment de bonheur. Le bonheur n’est pas l’ennemi du mental, mais il faut habituer ce dernier à ce que cette situation de paix puisse durer sans qu’il y ai le moindre danger.

Là aussi notre éducation fait que l’on juge les gens heureux comme des « bienheureux », au sens « simplet » du terme, comme des « naïfs » puisqu’ils ne voient pas tous les problèmes et malheurs de la vie, etc.

L’auto-sabotage et le refus du bonheur peuvent prendre beaucoup de formes, en fonction de chacun. J’ai vécu avec une compagne qui se débrouillait pour systématiquement « plomber nos vacances ». Après les premiers jours elle abordait des sujets pas marrants qui auraient pu attendre notre retour.

La crainte de l’avenir est le meilleur casseur de bonheur qui existe. Je connais des personnes qui ont réalisé des choses importantes dans leur vie, mais qui n’en ont jamais tiré le moindre bonheur ni fêté la réussite.

Elles ont toujours systématiquement imaginé le pire qui puisse arriver et mis leur attention et leur énergie à se protéger et à tout prévoir pour que cela n’arrive pas. Pendant ce temps elles n’ont jamais vécu le bonheur dans le moment présent.

Dans certains cas le mental fait barrage au bonheur. Il va dresser une liste de faits et de situations qui vont permettre de donner la sentence, par exemple : « dans le contexte actuel, je ne peux tout simplement pas être heureux ».

Ce verdict est purement individuel, puisque d’autres dans la même situation (ou pire) connaissent de vrais moments de bonheur. Le bonheur ne se vit pas non plus en se comparant aux autres.

Surveillons nos pensées et nos émotions. Autorisons-nous de longs moments de bonheur, en remettant à plus tard les questionnements et les doutes. Profitons de l’instant, aussi simple soit-il, sans chercher à ajouter des artifices, ou à se projeter dans l’avenir pour chercher un moment plus propice à la joie.

Et n’oublions pas, le bonheur est fait pour être partagé.


 

Commentaires

  1. S’autoriser à être heureux:

    Ne vire qu’heureux!
    Dédicace d’un livre, que l’on m’a offert.

    Le bonheur ici et maintenant!

    Philippe, c’est bien de faire une petite piqûre de rappel.
    C’est bien la seule vaccination, que je ferais les yeux fermés.

    Des couleurs plein la tête.

    Orcanette

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