De l’inutilité d’interférer avec le mouvement de la Vie

Cette anecdote qui s’est passé à la colocation à Grassac, remonte à plusieurs mois. Elle entraine dans son déroulement trois personnages: un oisillon, un chat et moi.

Un matin que je descendais au rez de chaussé pour prendre mon déjeuner, mon regard fut attiré par le tapis en bas de l’escalier, sur lequel gisait un petit oisillon au milieu d’un amas de plumes. Le chat se tenait à côté, alerte, à l’affut d’un éventuel mouvement  pour continuer son jeu macabre.

A la vue de cette souffrance, la colère m’a pris. J‘ai chassé le chat dehors et j’ai jeté loin de moi le petit oisillon sur un amas de paille comme dans un réflexe pour éloigner de moi cet inconfort. J’en ai voulu à ce moment à tous les chats du monde qui ramènent des proies comme des trophées  et jouent avec leur victimes pour finalement les dévorer devant nous.
 

De l’inutilité d'interférer avec le mouvement de la Vie
 

Dans ma colère, j’ai cherché le chat… Je me suis souvenu alors que c’était l’oisillon qui était l’urgence du moment. J’ai pris dans mes mains l’oisillon qui couché sur le dos respirait difficilement. Confronté à cette souffrance, que maintenant j’observais sans jugement, je me suis rappelé que la vie m’a donné des mains de guérisseur.

Je me suis concentré alors sur mon intention de le guérir. Entres mes mains dirigées l’une au dessus de l’autre, le petit corps haletait le bec ouvert. Sa respiration devint de plus en plus absente. A un moment j’ai su que la vie l’avait quitté. Il se passa alors entre nous quelque chose d’inattendu et de merveilleux.

A travers son œil noir ouvert, immobile, qui me fixait, j’ai ressenti tout l‘amour de l’éternité, qui emplissait ma poitrine. Le petit oisillon me remerciais de l‘avoir accompagné à quitter en paix ce plan d’existence. Ma colère était tombée. Ce qui m’est venu alors à l’esprit… c’est l’absurdité et l’inutilité de vouloir, nous les humains, interférer avec le mouvement éternel des choses de la vie.

J’ai déposé le petit corps sans vie, quelque part pour qu’il ne soit pas dérangé et je me suis dirigé vers le chat qui semblait, je dois dire, un peu penaud. Je lui ai demandé s’il existerait toutefois des solutions pour que ce genre de situation ne se reproduise pas.
Le chat m’ a regardé et dans ces yeux, j’ai pu lire : je fais tout mon possible… mais c’est plus fort que moi !

Je l’ai caressé et je suis parti, calme, pour créer ma journée.

 


 

Commentaires

  1. Comme il doit être triste Le Chat de sentir que Le Maître n’ait pas su voir dans l’oiseau le cadeau qui lui était destiné!!!!
    C’est pourtant ainsi dans le monde des chats!
    Ah les sales bêtes!

  2. Le Chat a t-il pu dire qu’un grelot signalerait sa présence?
    Il n’attrapera alors plus un seul oiseau, plus une seule souris!
    Il sera un bon chat qui mangera les croquettes! De quoi se plaindrait-il?

  3. Kikou 😉
    Mais pourquoi vouloir changer la nature des choses ?
    Moi aussi cela m’a rendue triste ce genre d’experiences Je ne sais comment malgrés une pointe de tristesse, pour l’oiseau ici en exemple, j’ai toujours réussie à me dire que le chat est ainsi : il mange des êtres vivants C’est ainsi Ni clochette ou autre pour interférer dans son destin de chat Si en plus c’est pour asservir mon besoin egoïste d’humain de faire d’un animal une peluche docile et au goût que la société veut m’imposer, hors de question de rajouter des gadgets pour lui oter son ordre naturel, de carnivore certes, mais c’est ainsi
    J’espère néamoins qu’un jour les.animaux aussi deviennent végétariens car si je ne me trompe, hormis l’empathie, il est question d’un être vivant qui en mange un autre et du même rang au niveau de la création et ce n’est pas normal As t.on déjà vu un brin d’herbe manger un autre brin d’herbe ? :p
    Les pandas étaient carnivores au début de leur évolution 😉

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