Dialogue avec mon cœur

Je n’ai jamais pu me résigner à fermer mon cœur.
Je l’ai offert dans toutes mes relations, qu’elles soient intimes, familiales, amicales ou professionnelles.
Il est arrivé qu’on prenne soin de lui, mais trop souvent il fut maltraité, piétiné.
Sa souffrance était si intense qu’il m’est arrivé de vouloir en finir.
Bizarrement, avec le temps, il s’est toujours cicatrisé.
Je n’avais jamais compris jusqu’à récemment comment et pourquoi j’avais pu dépasser ce cap.

Tel un animal blessé et sans orgueil j’avais quitté à chaque fois les scènes où règnent humiliations, violence morale et trahison.
A l’abri des coups à l’âme, je pansais mes plaies et accueillais ma souffrance.
Ces soins purgeaient mon cœur de toute amertume, frustration et envie de vengeance.
L’accueil de la souffrance m’a permis de garder mon innocence et l’envie de vivre.
J’avais oublié intentionnellement les circonstances de ces situations dramatiques.

L’oubli fut pour moi une illusion, car tout ce que je cherchais à fuir ou à ignorer m’est revenu avec plus de force et d’intensité, me condamnant à évoluer et à affronter mes peurs.
J’étais dos au mur et c’est là que j’ai fais une fabuleuse rencontre au fond de moi même.

 
Dialogue avec mon cœur
 

Quelque chose au fond de mon être essayait de communiquer avec moi.
Cette chose était toute petite, elle s’agitait avec un panneau, j’étais trop occupé pour lui prêter attention. Ma vie à l’extérieur de mon corps était pleine d’interactions et me faisait vivre beaucoup d’émotions. Je repoussais donc cette petite chose qui m’importunait.

Après chaque blessure au cœur cette chose devenait de plus en plus grande, mais ayant appris à l’ignorer je la snobais.
Jusqu’à ce qu’un jour je me rende compte qu’elle était immense, je fus terrorisé, je n’avais vraiment pas envie de communiquer avec elle.
Je décidais donc de l’emprisonner dans une coin de mon esprit.
Voulant absolument se faire entendre elle commença à se manifester dans mon corps.
Suivant ce que je vivais dans le monde extérieur j’avais des douleurs aux genoux, au dos, à la gorge…

Lors d’une ultime humiliation dans le monde extérieur, je ne pus contenir mes émotions et cette chose qui m’effrayait.
Pétrifié face à elle, qui représentait mes peurs, je ne pus que l’écouter.
Maintenant qu’elle avait obtenu mon attention elle put prendre une forme plus petite et d’une voix douce et calme, commença à me parler :

« Fais attention à ta bulle vitale et prends soin de toi. Comme tu as pu le remarquer dans le monde extérieur il y a des gens bienveillants et d’autres malveillants. Ne les juge pas car ils sont le fruit de leur vécu, à leur place tu n’aurais pas pu faire autrement. Les personnes malveillantes ne visent pas ta personne mais ce que tu représentes. La violence qui se dégage de leurs mots et de leurs actes vient sûrement de leur impuissance à faire exister leur être.

Si tu blesses un être malveillant en retour à son agression, tu renforceras la violence qui est en lui. Pardonne-lui car la souffrance qu’il porte est son fardeau. Ne pas lui pardonner reviendrait à te charger d’une partie de sa souffrance.
Si une personne malveillante n’a plus de moyens pour exprimer sa violence sur les gens, les animaux ou la nature, elle sera obligée d’accueillir sa propre souffrance et d’évoluer. Si même avec cette compréhension on continue à te blesser sache que l’agresseur n’est que le déclencheur de ta souffrance. La cause de ta souffrance est une vieille blessure d’enfance mal cicatrisée de ton cœur.

Il y a de fortes chances que ta famille proche soit liée à toute les causes de souffrance morale actuelle. Sache que tout ces gens de ta famille t’ont transmis consciemment ou non l’éducation qu’ils ont reçue. Tant bien que mal ils t’ont offert ce qu’ils auraient aimé recevoir. Ils avaient donc de bonnes intentions, même si pour toi ce n’était pas le paradis, alors pardonne-leur ces vieilles blessures et guéris complètement ton cœur.

Quand ton cœur sera complètement guéri, ta vie retrouvera la légèreté que tu as connue dans ton enfance. Le temps sera ton ami et ralentira, tu respireras à nouveau la vie par tout tes sens. Les malveillants ne pourront plus t’atteindre, tu seras pleinement conscient de ta bulle vitale et tu vivras en paix dans le présent. L’agresseur, tu l’identifieras dès les premiers instants et, tel un arbre tombant sur toi, tes perceptions fines te permettront soit de l’éviter, soit de le stopper avec un seul doigt pour lui signifier tes limites.
Cela te sera possible car il n’aura pas encore pris d’inertie dans sa chute. »

Krishna Murti disait : « Hors du temps, le pouvoir est infini ». Alors, libère-toi de l’anxiété et de la dépression et vis pleinement dans le présent. Ressens ta respiration et ton corps dès que tu le peux, cela t’ancrera dans l’ici et maintenant et tu deviendras un homme libre. »

Cette discussion avec mon cœur fut pleine d’amour et de bienveillance, elle m’a permis de me recentré et de vivre aujourd’hui dans la joie.

Auteur : Sébastien

Commentaires

  1. Whooo, merci tout plein, Sébastien, pour ce témoignage intime qui ne laisse pas insensible et qui est magnifique. Ça me fait du bien.

    De plus, tu es un très bon écrivain… du coeur… ah oui, vraiment !

    Laisse K. Murti de coté, car tu es déjà un homme libre (je l’ai vu sur les photos du Bénin… et je te connais).

    Je suis content pour Toi.

    Jacques

Laisser un commentaire